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Sherifa Riahi et ses collègues devant la justice, Amnesty appelle à leur libération

Par Sarra Hlaoui

Amnesty International Tunisie a appelé, vendredi 12 décembre 2025, les autorités tunisiennes à mettre un terme aux poursuites visant les membres de l’ONG Terre d’Asile Tunisie ainsi que deux employés municipaux arrêtés avec eux.

L’organisation dénonce ce qu’elle qualifie de détention arbitraire, estimant que les personnes concernées sont poursuivies pour avoir exercé « leur travail légitime » en faveur des réfugiés, demandeurs d’asile et migrants en situation de vulnérabilité. Amnesty rappelle que l’action humanitaire et civile n’est pas un crime et exhorte l’État tunisien à respecter ses engagements en matière de droit international des droits humains. Elle insiste sur l’obligation des autorités de protéger les acteurs humanitaires, plutôt que de les sanctionner pour les services essentiels qu’ils fournissent.

Un contexte judiciaire lourd mais partiellement abandonné

Les personnes interpellées – parmi lesquelles la militante Sherifa Riahi, ancienne directrice de Terre d’Asile Tunisie, et Iyad Bousselmi, son actuel directeur – sont poursuivies depuis mai 2024. Les accusations initiales portaient sur des chefs tels que blanchiment d’argent, complot et irrégularités financières, mais plusieurs de ces charges ont été abandonnées à l’issue de l’instruction.

Parmi les autres détenus figurent Mohamed Jouou, Imen Ouardani, ancienne adjointe au maire de Sousse, et Mohamed Iqbal Khaled, ancien maire de Sousse. L’arrestation de Mme Ouardani et M. Khaled est directement liée à un partenariat municipal conclu en 2022 avec Terre d’Asile Tunisie pour mettre en place des dispositifs d’écoute, d’accompagnement et d’hébergement pour les migrants et réfugiés. Les poursuites contre eux visent à présent leur rôle dans des actions humanitaires et de solidarité, menées dans un cadre public et officiel.

Une mobilisation citoyenne prévue

Face à cette situation, un collectif de plus de vingt organisations de la société civile – parmi lesquelles le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), Al-Bawsala, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Amnesty International, Damj, Aswat Nissa, l’Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT) et la Coalition tunisienne contre la peine de mort (CTCPM) – a appelé à une mobilisation pacifique lundi 15 décembre devant le tribunal de Beb Bnet, à l’occasion de l’ouverture du procès.

Le collectif invite « toutes les citoyennes et tous les citoyens à rejoindre cette action pacifique de solidarité », en soutien aux cinq activistes concernés. La mobilisation, prévue à 9h30, se veut un signal fort : celui d’un front associatif uni face au durcissement des poursuites visant des acteurs engagés dans les droits humains, la justice sociale et les libertés publiques.

Amnesty appelle à la libération et à la fin des procédures

Pour Amnesty, ces poursuites s’inscrivent dans un contexte plus large de pressions croissantes sur les organisations œuvrant dans le domaine des droits humains et de la migration. L’ONG demande la libération immédiate de l’ensemble des personnes détenues et la fin des procédures engagées contre elles, rappelant que l’assistance aux personnes en détresse est une obligation morale et humanitaire qui ne devrait, en aucun cas, être criminalisée.

S.H

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