Peu après la manifestation de soutien au président de la République, Kaïs Saïed, organisée mercredi 17 décembre 2025 sur l’avenue Habib-Bourguiba à Tunis parallèlement aux festivités du 15e anniversaire de la Révolution, l’ancien ministre et figure de l’opposition Mohamed Abbou a livré une lecture critique de l’événement, mettant en cause les modalités logistiques de la mobilisation.
Selon Mohamed Abbou, le nombre de participants était « relativement important », et « comparable à celui observé lors de nombreuses manifestations organisées par l’opposition ces derniers mois ». Ils étaient approximativement aux alentours de 3500 personnes.
169 bus, dont un véhicule ministériel : la logistique au cœur de la polémique
Il a surtout attiré l’attention sur l’ampleur du dispositif de transport mobilisé pour acheminer les manifestants. D’après un recensement effectué sur le terrain et documenté par des enregistrements vidéo, pas moins de 169 bus, de différentes tailles, auraient été affrétés pour l’occasion. Ces bus étaient répartis comme suit : 22 bus sur l’avenue Mohamed-V, 37 sur l’avenue de la République, 20 au niveau de la ligne TGM, et 90 bus stationnés dans la zone du Lac 0.
Mohamed Abbou a précisé que ces moyens de transport relevaient principalement d’agences de voyages, de sociétés régionales de transport, ainsi que de certains clubs sportifs. Il a signalé également la présence d’un bus appartenant au ministère de la Jeunesse et des Sports, repéré parmi les véhicules stationnés sur l’avenue de la République, un fait qu’il a jugé particulièrement préoccupant.
Il a, dans ce sens, appelé le ministère de la Jeunesse et des Sports à fournir des explications claires concernant la présence d’un bus relevant de ses services dans une manifestation à caractère politique. Il a rappelé, à cet égard, que le président de la République avait auparavant dénoncé l’utilisation d’un véhicule administratif par un fonctionnaire pour assister à une réunion partisane, allant jusqu’à le sanctionner, alors même que l’usage personnel du véhicule était légal et que l’agent disposait du droit constitutionnel d’adhérer à un parti politique.
S’agissant de l’origine des participants, Mohamed Abbou a indiqué qu’aucune présence manifeste de manifestants de nationalité étrangère n’avait été constatée, à l’exception d’un bus isolé, stationné parmi les véhicules tunisiens au niveau du Lac 0, qui pourrait, selon lui, avoir transporté des citoyens tunisiens « en infraction avec la législation en vigueur ».
Retour aux vieilles pratiques et exigence de transparence
Dans son analyse, Mohamed Abbou a établi un lien entre cette mobilisation et ce qu’il a qualifié de pratiques anciennes ayant, selon lui, fragilisé la démocratie tunisienne bien avant le 25 juillet. « La démocratie a été atteinte, avant même le 25 juillet, par plusieurs facteurs, notamment l’argent suspect destiné à falsifier la conscience collective à travers les médias, les réseaux sociaux, les sondages d’opinion, l’achat de voix parmi les populations marginalisées, ainsi que la fabrication artificielle d’une popularité par l’acheminement de participants aux rassemblements et réunions, moyennant des moyens de transport et parfois des compensations financières », a-t-il affirmé dans une publication sur sa page Facebook.
L’opposant estime par ailleurs que le slogan « pas de retour en arrière » a perdu toute substance. Selon lui, « pour une autorité éphémère, un retour aux pratiques les plus négatives du passé a été opéré, accompagné d’une destruction méthodique des acquis et des aspects positifs arrachés au fil des luttes ».
Mohamed Abbou a, par ailleurs, exhorté les sociétés régionales de transport public à faire preuve de transparence et à publier, « par respect pour l’opinion publique et afin de préserver sa confiance », l’ensemble des documents relatifs à la location des bus. Cette démarche permettrait, selon ses dires, de s’assurer du respect de l’article 96 du Code pénal ainsi que de la circulaire du Chef du gouvernement n°5 de l’année 2021, relative aux charges supportées par les entreprises et établissements publics au titre de dépenses imputées aux ministères, associations, organisations ou autres structures publiques ou privées.
Il a conclu en soulignant que, dans l’hypothèse où la location des bus publics aurait été effectuée conformément aux dispositions réglementaires — ce qu’il dit espérer —, il incomberait alors à la partie organisatrice de la manifestation de rendre publics les sources de financement, la liste détaillée des dépenses et les coûts liés à la location des bus relevant des secteurs public et privé.

N.J













Commentaire
ZARZOUMIA
abou ! YAARIF YIHSSIB , telkement qu’il sait bien compter qu’à chaque élection il n’a pas eu de mal à compter le nombre de voix qui lui sont attribuées , concernant ceux qui comptent les bus avec abou et spécialistes de la précision de l’heure exacte des faits du PRÉSIDENT n’ont pas réussies leur sortie d’aujourd’hui , ils doivent être fatigués à force de taper sur KAIES SAIED et sans le résultat souhaité !! leur problème ce qu’ils n’ont toujours pas compris qu’ils N’ONT AUCUNE CHANCE d’accéder au pouvoir , rejetés tels qu’épluchures ou invendus d’une fin de marché , RESTE JUSTE À BALAYER LES DECHETS.