L’élu et membre de la Commission parlementaire des finances, Maher Ketari, est longuement revenu, mardi 23 décembre 2025, sur les accords commerciaux euro-méditerranéens, le Code des changes et plusieurs dispositions phares de la Loi de finances 2026 (LF 2026), lors de son intervention au micro de Wassim Ben Larbi, dans l’émission Expresso diffusée sur les ondes d’Express FM.
Accord euro-méditerranéen : une urgence pour le secteur textile
Maher Ketari a d’abord attiré l’attention sur l’accord euro-méditerranéen relatif aux règles d’origine, qu’il qualifie d’opportunité stratégique pour le secteur textile tunisien, tout en soulignant un manque de clarté et de communication autour de son contenu exact.
Selon lui, si la Tunisie ne ratifie pas cet accord avant le 1er janvier 2026, les produits tunisiens exportés vers l’Union européenne seront soumis à des droits de douane de 12%, une mesure qui toucherait non seulement le textile, mais également d’autres secteurs, dont les composants automobiles.
Selon les professionnels du textile, l’impact financier pourrait être considérable, évoquant une perte comprise entre 800 millions et un milliard d’euros, alors que les exportations actuelles du secteur atteignent environ trois milliards d’euros.
Le député met également en garde contre une concurrence accrue, notamment de la Turquie, qui a fortement investi en Égypte et pourrait bénéficier d’un avantage tarifaire en cas de retard tunisien.
Maher Ketari a indiqué que le sujet a été porté à la connaissance de la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, ainsi que de la cheffe du gouvernement, insistant sur le caractère urgent et stratégique de ce dossier.
Vers une régularisation des infractions de change
L’entretien a ensuite porté sur la proposition de loi relative à la régularisation des infractions de change, à l’initiative de députés membres de la Commission des finances. Une journée d’étude a été organisée par l’académie parlementaire afin de permettre aux députés de mieux appréhender les enjeux avant le vote en séance plénière.
Maher Ketari a salué la participation de représentants du ministère des Finances, de la Douane tunisienne, de la Banque centrale de Tunisie, ainsi que du Conseil bancaire et financier. Il a qualifié les échanges de constructifs et convergents, soulignant une rare harmonie entre le pouvoir législatif et l’exécutif sur ce dossier.
Selon lui, la philosophie du texte repose sur une idée centrale : il est impossible de mettre en place un nouveau Code des changes sans régler les infractions héritées de l’ancien cadre légal, datant de 1976. Il estime que ce cadre ancien limite excessivement la liberté financière des citoyens et des investisseurs.
Élargir le champ de la régularisation
Maher Ketari a expliqué que la proposition actuelle concerne principalement les personnes physiques, mais que des discussions sont en cours pour élargir le champ d’application, notamment aux Tunisiens non-résidents, aux binationaux, voire à certains étrangers ayant des contentieux de change en Tunisie.
Il a également évoqué la possibilité d’inclure certaines entreprises confrontées à des pénalités lourdes liées aux délais de rapatriement des recettes d’exportation, notamment dans des situations où les retards sont indépendants de leur volonté. Selon lui, ces élargissements pourraient permettre l’entrée de montants importants en devises, contribuant au renforcement des réserves en devises du pays.
Attirer les devises et rassurer les Tunisiens de l’étranger
Le député a insisté sur la nécessité de changer la perception de la devise, souvent assimilée à une contrainte ou à une menace. Il a défendu une approche visant à rassurer les Tunisiens résidant à l’étranger, en leur garantissant la liberté d’utilisation de leurs fonds, y compris via l’ouverture de comptes en devises en Tunisie.
Il a rappelé que de nombreux Tunisiens possèdent des biens ou des comptes à l’étranger non déclarés, non par fraude, mais en raison de la rigidité du cadre légal. La régularisation permettrait, selon lui, de rapatrier ces avoirs dans un cadre légal et sécurisé, tout en offrant aux détenteurs une liberté d’usage comparable à celle dont ils bénéficient à l’étranger.
Une vision progressive d’un nouveau Code des changes
Maher Ketari a confirmé qu’un nouveau Code des changes, élaboré par un groupe de députés en octobre 2025, est actuellement déposé au bureau de l’Assemblée des représentants du peuple. Son examen devrait débuter au cours de l’année 2026, après l’adoption de la Loi de finances.
Il a précisé que cette réforme relève de l’initiative parlementaire et non gouvernementale, tout en restant ouverte aux propositions de l’exécutif. L’objectif affiché est de mettre en place une politique de change moderne, progressive et cohérente avec les besoins de l’économie tunisienne.
Loi de finances 2026 : agriculture, famille et jeunesse
Interrogé sur les principales mesures entrant en vigueur à partir du 1er janvier 2026, Maher Ketari a mis en avant trois priorités majeures : le soutien au secteur agricole, à travers le rééchelonnement des dettes et l’abandon des pénalités, le renforcement du pouvoir d’achat des familles, notamment via la mesure de la voiture pour chaque famille et l’ouverture des comptes en devises pour les Tunisiens, sans autorisation préalable de la Banque centrale.
Il a appelé les ministères concernés à publier rapidement les textes d’application, estimant que leur retard pourrait vider les réformes de leur substance.
Mobiliser l’épargne des Tunisiens résidant à l’étranger
Maher Ketari a aussi évoqué la possibilité de mobiliser l’épargne des Tunisiens résidant à l’étranger, en leur proposant des produits d’épargne en devises attractifs, avec des taux supérieurs à ceux pratiqués en Europe. Selon lui, cette stratégie pourrait réduire le recours à l’endettement extérieur et contribuer à l’équilibre des finances publiques.
Un message de confiance
En conclusion, l’élu a appelé à faire confiance aux Tunisiens, affirmant que la majorité souhaite investir, travailler et vivre en Tunisie, à condition de bénéficier de règles claires, modernes et équitables. Il a réitéré son engagement, en tant que député, à œuvrer pour une simplification des procédures administratives et une amélioration concrète du quotidien des citoyens.
I.N.













Commentaire
le financier
En gros il a proposé beaucoup de chose que j ai deja ecris sur ce cite mais il a oublié une chose importante …
La confiance …
Pourquoi mettre les economie d une vie dans un pays qui est quasi en faillite impossible de se reformer ? Dont le president vie dans une autre dimension … reduisez le nombre de fonctionnaires