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L’État relance Elbene Industrie sous le nom Tunisie Lait

Par Imen Nouira

La société « Elbene Industrie : Sidi Bou Ali », spécialisée dans la production laitière et pionnière dans la région du Sahel tunisien, va reprendre ses activités après six années d’interruption. La suspension de son activité depuis 2019 avait engendré des conséquences négatives significatives pour la région et pesé sur l’économie nationale.

C’est Sadok Laarif, commissaire aux comptes et mandataire judiciaire, qui a annoncé mercredi 24 décembre 2025 au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, le rebranding de la société sous la nouvelle dénomination « Tunisie Lait » et son redémarrage programmé dans environ un an.

Un rachat stratégique avec l’intervention de l’État

Selon M. Laarif, la reprise de l’activité de l’usine de Sidi Bou Ali a été rendue possible grâce à l’intervention directe du président de la République, Kaïs Saïed, en vue de renforcer la participation nationale dans le capital de la société. « Après un travail coordonné avec tous les intervenants, nous avons réussi à ramener l’usine de Sidi Bou Ali sous contrôle de l’État », a-t-il déclaré, soulignant l’importance stratégique de cette décision pour la région et le secteur laitier tunisien.

Le projet de relance a été concrétisé par le rachat d’Elbene Industrie par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), en partenariat avec trois banques publiques : BNA Bank, STB Bank et BH Bank. Cette opération a donné naissance à une nouvelle entité, baptisée Tunisie Lait, dont l’objectif est de restaurer la production laitière locale et de soutenir l’emploi et l’économie de la région.

Un directeur général a déjà été nommé pour piloter le redémarrage de l’usine, et la direction recherche actuellement un partenaire stratégique pour accompagner le développement futur de la société. Selon M. Laarif, le processus de relance nécessitera environ un an avant que la production ne reprenne pleinement.

Un plan de redressement et des défis financiers à surmonter

On rappelle que lors de la publication des états financiers arrêtés au 31 décembre 2018 (les derniers publiés au CMF), les commissaires aux comptes avaient émis un avis avec réserves, concernant une incertitude significative susceptible de jeter un doute important sur la capacité de l’entité à poursuivre son exploitation.

Ils avaient précisé que les pertes cumulées au 31 décembre 2018 s’élevaient à 67,35 millions de dinars (MD), engendrant des capitaux propres de seulement 2,40 MD. En outre, le total des passifs courants dépassait les actifs courants de 60,74 MD. Ces éléments, ainsi que les événements postérieurs, révélaient l’existence d’une incertitude significative sur la capacité de l’entité à poursuivre son exploitation. Les commissaires aux comptes avaient également indiqué avoir envoyé deux lettres d’alerte à la commission chargée de suivre les entreprises en difficulté et au président du Tribunal de première instance de Sousse.

Par ailleurs, le conseil d’administration avait arrêté un plan de redressement comportant :

  • Une réévaluation des actifs de la société,
  • Un assainissement financier afin de relancer l’activité.

Le Tribunal de première instance de Sousse a approuvé ce plan de redressement par décision en date du 18 juin 2019, assurant ainsi la continuité de la société jusqu’à sa reprise actuelle sous la nouvelle identité Tunisie Lait.

Une mise en vente judiciaire et un parcours boursier difficile

Rappelons que la société Elbene Industrie avait fermé son usine de Sidi Bou Ali le 27 novembre 2018, en raison de la crise structurelle de la filière laitière en Tunisie. En mars 2019, le ministère de l’Industrie avait approuvé un plan de sauvetage destiné à permettre à la société de reprendre son activité. À partir de novembre 2019, la société avait été radiée du Marché principal de la cote de la Bourse de Tunis et transférée au Marché hors-cote, marquant une étape difficile dans son parcours financier.

Dans le cadre de sa vente judiciaire, la société avait ensuite été mise en vente au plus offrant sur décision de la Chambre de redressement judiciaire du Tribunal de première instance de Sousse, en date du 8 juin 2020. À cette époque, la mise à prix avait été fixée à 75,7 millions de dinars, et le dernier délai de remise des offres avait été fixé au 17 novembre 2020.

I.N.

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4 commentaires

  1. Ahmed Brahmia

    25 décembre 2025 | 21h47

    Tunisie lait et stil ont joué ,en tant qu’entreprises publiques, un rôle primordial dans le développement de la filière laitière, la mise en œuvre de la strategie laitiere a permis un développement concomitant de la production , la collecte et la transformation, la synergie entre ces trois maillons a permis de securiser les éleveurs quant à l’écoulement de leur priduction el les industriels quant à leur approvisionnement et ainsi l’autosuffisance a été atteinte en 1999 ,et des excedents ont même été enregistrés par la suite et qui étaient maîtrisés par les mécanismes de production de lait en poudre et de stockage de lait pasteurisé..
    l’industrie laitière devenue concurrentielle, les opérateurs privés ont depuis les années 90 ,grâce aux avantages accordés aux investissements créé des unités de transformation ( Beldi ,Vitalait, Mami Nova.Soril et plus récemment Natilait ,et des fromageries). nombreuses unités ont disparu et n’ont pas résisté pour des raisons multiples y compris Tunisie lait et Stil.
    Nostalgiquement je peux être tenté par l’idée de ressusciter une entreprise publique de renommée,mais objectivement dans une activité concurrentielle , les privés sont mieux placés .et encore mieux pourquoi pas proposer le projet à un groupe de sociétés de services agricoles qui gèrent déjà des centres de collecte de lait, avec un partenaire une banque privée ou un industriel.
    Brahmia Ahmed
    Ingénieur Agronome

  2. Citoyen_H

    25 décembre 2025 | 18h19

    SI C’EST POUR LA FAIRE TOURNER

    par des parasites stériles et improductifs de la fonction publique, autant l’achever avant sa résurrection !!!!!
    Halte à la fainéantise, Halte au laxisme, Halte à l’improductivité, Halte au laisser-aller, Halte à la médiocratie, Halte à l’immobilisme, Halte au vampirisme des deniers du peuple par de voraces bons à rien et mauvais en tout !!!!!
    En BREF, Halte à la décadence, Halte au pillage des caisses de l’État et enfin, Halte à la profitation.

  3. Mhammed Ben Hassine

    24 décembre 2025 | 15h53

    La question est de savoir pourquoi la ste vitalité qui a acheté ste ébène 2022 ne la pas redémarrer jusqu’à intervention de l’état

    • Larry

      25 décembre 2025 | 6h29

      Encore un gouffre financier pour les caisses de l’Etat…avec nos impôts !…