La tension sociale continue de s’accentuer dans le secteur de l’enseignement secondaire. La secrétaire générale adjointe de la Fédération de l’enseignement secondaire, Jouda Dahmane, est intervenue, jeudi 25 décembre 2025, sur les ondes de Jawhara FM pour exposer la position des syndicats de l’enseignement, à l’heure où un mouvement de protestation est en cours devant le ministère de tutelle.
Cette mobilisation s’inscrit dans la poursuite de la mobilisation des enseignants contre ce qu’ils qualifient de dépassements du ministère, le non-respect des accords conclus en 2023, la dégradation continue du secteur éducatif — marquée par un manque d’encadrement et une montée de la violence scolaire — et les retenues salariales jugées arbitraires.
Selon Jouda Dahmane, l’ensemble des syndicats de l’enseignement observeraient un sit-in de protestation afin de réclamer, en priorité, le respect du droit à la négociation et la mise en œuvre des engagements conclus antérieurement avec les autorités compétentes. Elle a souligné que la crise actuelle ne saurait être imputée aux structures syndicales, affirmant que la responsabilité incombe à la partie qui « s’est retournée contre les accords signés et s’est rétractée », créant ainsi un climat de blocage et d’incertitude.
La responsable syndicale a estimé que cette situation fait peser une lourde pression sur l’ensemble de la communauté éducative, allant jusqu’à prendre « en otage les familles, les élèves et l’ensemble du corps éducatif ». Elle a rappelé que le secteur de l’éducation est confronté à de multiples difficultés structurelles et conjoncturelles, lesquelles, selon elle, ne peuvent être résolues que dans un cadre de dialogue inclusif et de responsabilité partagée entre les différents acteurs.
Jouda Dahmane a également indiqué que les syndicats restent attachés à l’accord conclu avec le ministère, tout en déplorant l’absence totale de visibilité quant à son devenir. Elle a dénoncé un manque de communication et de clarté de la part des autorités.
Dans ce contexte de crispation, elle a révélé que l’instance administrative des syndicats de l’enseignement, avait décidé de boycotter les examens, une mesure exceptionnelle visant à exercer une pression accrue sur le ministère.
En conséquence, les élèves ne passeront pas les examens durant le deuxième trimestre, tout en poursuivant normalement les cours et les activités pédagogiques prévues. Cette décision, a-t-elle précisé, s’inscrit dans une logique de défense des revendications syndicales, sans remettre en cause le droit des élèves à l’enseignement.
Interrogée sur la question des cours de rattrapage, Jouda Dahmane a vivement critiqué l’orientation adoptée par le ministère, estimant qu’elle porte atteinte au principe d’égalité des chances entre les élèves. Elle a qualifié cette démarche d’ « obstination dans l’erreur », considérant qu’elle consiste à corriger une erreur par une autre, sans s’attaquer aux causes profondes du conflit.
La secrétaire générale adjointe de la Fédération de l’enseignement secondaire a, par ailleurs, rappelé que les enseignants ont toujours assuré des cours de rattrapage lorsque cela s’est avéré nécessaire, et ce, sans recommandations ni injonctions particulières de la part du ministère.
Elle a ainsi rejeté toute tentative de faire porter aux enseignants la responsabilité des perturbations actuelles, réaffirmant la disponibilité des syndicats à reprendre le dialogue dès lors que les engagements pris seront respectés et que le droit à la négociation sera pleinement garanti.
N.J










