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Gabès : l’audience sur la suspension des unités polluantes du GCT reportée au 8 janvier 2026

Photo de Yassine Gaidi / Agence Anadolu / Anadolu via AFP

Par Imen Nouira

Le dossier relatif à la suspension de la production des unités polluantes du Groupe chimique tunisien (GCT) à Gabès continue de mobiliser l’attention. L’examen de l’affaire en référé, initialement prévu, a été reporté au 8 janvier 2026, a annoncé, jeudi 25 décembre 2025, Mounir Adouni, président de la section régionale de l’Ordre des avocats de Gabès, lors d’une déclaration à l’agence TAP.

Un renvoi pour mieux examiner les parties impliquées

Lors de la cinquième audience en référé, le tribunal a été saisi par le barreau régional de Gabès afin de suspendre l’activité des unités identifiées comme sources de pollution. Selon M. Adouni, l’audience a été reportée pour permettre au tribunal de clarifier la position juridique des différents acteurs impliqués.

La défense a notamment demandé que le ministère de la Santé, le ministère de l’Environnement ainsi que l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE), intégrés au dossier, soient considérés comme parties plaignantes affectées par la pollution, et non comme soutiens du Groupe chimique tunisien. La cour a accepté d’examiner leur rôle et leur statut juridique dans l’affaire.

M. Adouni a exprimé son espoir que la prochaine audience, prévue le 8 janvier 2026, puisse être la dernière de ce procès en référé, permettant la tenue des plaidoiries et la proclamation du jugement.

Mobilisation citoyenne et exigences environnementales

En parallèle de l’audience, une manifestation pacifique s’est tenue devant le Tribunal de première instance de Gabès. Elle a rassemblé des citoyens et des militants de la société civile, qui ont appelé à la fermeture des unités polluantes du GCT. Les manifestants ont souligné leur droit à respirer un air pur et à vivre dans un environnement sain, dénonçant les impacts persistants des activités industrielles sur la santé publique et l’écosystème local.

Cette mobilisation reflète l’inquiétude croissante de la population gabésienne face aux effets de la pollution industrielle. Elle s’inscrit dans un contexte où les questions environnementales et de santé publique prennent de plus en plus de place dans le débat public, notamment autour des industries chimiques implantées dans la région.

Gabès face à une crise environnementale structurelle

Selon l’expert en développement et en ressources hydrauliques, Houcine Rhili, la crise environnementale à Gabès est particulièrement complexe. La région dépend économiquement du GCT, mais subit en parallèle « des impacts environnementaux et sanitaires » importants. L’expert alerte : « La réhabilitation du golfe de Gabès des émissions et du rejet de produits chimiques polluants provenant des unités industrielles du GCT prendra près de 150 ans ».

Il précise que la déconstruction d’une seule unité coûterait « cinq milliards de dinars », alors que le complexe compte « treize unités productrices de phosphogypse et de phosphate polluants ». Les finances du GCT ne permettent pas de réhabiliter l’ensemble des installations. Pour l’expert, « la solution relève à la fois d’une décision politique et d’un investissement dans des techniques de réduction de la pollution ».

Selon l’expert, « 80% des unités nécessitent une réhabilitation », posant ainsi la question de « l’avenir du phosphate en Tunisie », secteur dont dépendent également « sept ou huit sociétés industrielles privées ».

Les habitants de Gabès dénoncent depuis des années la pollution industrielle et ses effets sur la santé publique. Le dernier épisode d’intoxication a touché plusieurs enfants, pris en charge dans les écoles et les hôpitaux pour des « difficultés respiratoires ». Les organisations de la société civile parlent désormais d’un « écocide silencieux », accusant l’État de n’avoir « jamais tenu ses promesses » sur la mise aux normes ou la fermeture des usines les plus dangereuses.

I.N.

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3 commentaires

  1. Gg

    26 décembre 2025 | 0h32

    Existe t-il une Directive Seveso en Tunisie, qui engage l’état à contrôler la sécurité des sites les plus dangereux?
    Cette Directive engage directement la responsabilité des services de l’état en cas de non respect, avec autorité sur les entreprises qui passent outre.

  2. zaghouan2040

    25 décembre 2025 | 13h35

    De l’enfumage profondément criminel et irresponsable
    Très dangereux de prendre les Gabèsiens pour des demeurés

    • Gg

      25 décembre 2025 | 18h15

      « …demandé que le ministère de la Santé, le ministère de l’Environnement ainsi que l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE), intégrés au dossier, soient considérés comme parties plaignantes affectées par la pollution »
      Cetres, mais que n’ont ils fait leur boulot?
      On avait vu le même tour de passe-passe de la part des organes d’état lors de la catastrophe d’AZF à Toulouse. Les malheureux services de l’état se posaient en victimes, alors qu’il était de leur devoir de s’assurer que les règles de sécurité étaient appliquées…