La municipalité de La Marsa vient de faire une démonstration éclatante de son sens aigu des priorités urbaines. Sur l’avenue Charles-de-Gaulle, au cœur de la circonscription de Bhar Lazreg, une initiative d’une portée civilisationnelle incontestable a vu le jour : l’installation de barrières en béton destinées à protéger… les conteneurs d’ordures ménagères.
Oui, protéger. Non pas les citoyens, ni les trottoirs, ni même la dignité de l’espace public, mais ces robustes réceptacles de déchets, désormais érigés au rang de patrimoine stratégique. À défaut de protéger l’environnement des ordures, on protège désormais les ordures de l’environnement.
L’initiative, dont la subtilité ne saurait échapper aux esprits les plus éclairés, vise à sanctuariser les bacs à déchets contre les assauts répétés des véhicules, ou, qui sait, d’un excès de civisme intempestif.

Il serait toutefois injuste de limiter la portée visionnaire de cette initiative à la seule prévention des chocs mécaniques. Les barrières en béton apparaissent également comme une réponse anticipée aux grandes catastrophes hydrauliques à venir. À l’ère du dérèglement climatique, La Marsa se prépare manifestement à des déluges bibliques, et les poubelles, ces sentinelles silencieuses de la vie quotidienne, ne sauraient être abandonnées à la merci des flots.
Grâce à ces fortifications dignes d’un plan de défense civile, les conteneurs sont désormais prêts à résister aux ruissellements intempestifs. Les citoyens, eux, apprendront sans doute à naviguer entre les obstacles, à patauger avec élégance et à s’adapter, pendant que les déchets, fermement protégés, traverseront les tempêtes avec une sérénité institutionnelle exemplaire.

Certains esprits évoqueront l’absence d’une vision globale en matière de propreté, d’esthétique urbaine ou de gestion durable des déchets. Mais ce serait mal comprendre la profondeur de la démarche. Car il ne s’agit pas de résoudre les problèmes, mais de les encadrer, de les bétonner, de les rendre définitivement immuables. Le béton, matériau noble et éternel, se dresse ainsi comme un rempart contre le chaos urbain, traçant une frontière claire entre la poubelle et le reste du monde.
Ainsi, à défaut d’une ville plus propre, la commune de La Marsa s’offre au moins des poubelles en sécurité. Et dans un monde incertain, n’est-ce pas déjà une forme de progrès ?
N.J











4 commentaires
Mhammed Ben Hassine
N’importe quoi.
gaspillage d’argent
Poudre aux 😉 yeux
HatemC
Qu’il est laid ce pays …démoralisant toutes ces photos d’une cité autrefois balnéaire et belle …désastre.. 3oribet khoribet …HC
Gg
Bonsoir Hatem!
Je me suis fait la même reflexion. La Marsa était connue pour être jolie, plaisante à vivre. Et on voit ça… on dirait les pires bleds du pays.
Quelle pitié !
Dalida Ladram
Ils seraient plus utiles de creuser des trous et de les mettre dedans.Et après une grue les tirent pour prendre les poubelles et les remettre à leurs places.