Dans un long post publié samedi 27 décembre 2025, l’ancien chef du gouvernement Hichem Mechichi s’en est violemment pris à une partie de l’opposition qui critique ses récentes prises de position contre le régime de Kaïs Saïed. Une sortie offensive, qui relance le débat sur la légitimité d’un acteur longtemps silencieux.
Une attaque frontale contre une partie de l’opposition
Dans son message, Hichem Mechichi s’en prend directement à des figures de l’opposition qu’il accuse d’adopter, selon lui, le même raisonnement que les soutiens du pouvoir. Il dénonce une logique qu’il juge « absurde », selon laquelle l’opposition de certaines personnalités issues de la période précédant le 25 juillet 2021 servirait objectivement le président Kaïs Saïed.
Il estime que ce discours revient à considérer que « chaque fois que le peuple revoit ces figures, il se réfugie de nouveau dans le giron de Kaïs Saïed et lui renouvelle son soutien », une thèse qu’il rejette avec virulence.
Hichem Mechichi accuse explicitement ces opposants de contribuer à la déresponsabilisation du chef de l’État. Selon lui, ce raisonnement permettrait de faire porter à d’autres la responsabilité du coup de force, de l’emprisonnement des opposants et de l’effondrement économique et social.
Il écrit ainsi que cette approche revient à « disculper l’auteur du coup de force et à faire porter à d’autres la responsabilité de la violation de la Constitution, de l’emprisonnement des élites, de la destruction des institutions et de l’effondrement généralisé de l’État ».
Pour expliquer ce qu’il considère comme une dérive dangereuse, l’ancien chef du gouvernement avance deux hypothèses. La première relèverait d’une forme de fascination pour le pouvoir autoritaire, évoquant une « sorte de syndrome de Stockholm » qui pousserait certains opposants à absoudre celui qui les a marginalisés ou contraints à l’exil.
La seconde serait plus politique : certains acteurs s’érigeraient, selon lui, en propriétaires exclusifs de la contestation, distribuant des brevets de légitimité et décidant qui a le droit – ou non – de s’opposer au régime.
Un retour politique après un silence prolongé
Ces attaques interviennent alors que les récentes apparitions de Hichem Mechichi suscitent de fortes réticences, y compris parmi les opposants au régime. Plusieurs estiment que ses sorties sont contre-productives, rappelant qu’il demeure une figure largement rejetée par l’opinion publique et associée aux échecs de la période pré-25 juillet.
Ces critiques estiment que ses prises de parole conforteraient l’argumentaire du pouvoir, qui assimile toute opposition aux visages honnis du passé, et contribueraient ainsi à renforcer le soutien populaire dont bénéficierait encore le président.
La virulence de cette sortie tranche avec le silence observé par Hichem Mechichi depuis son éviction le 25 juillet 2021. Après avoir quitté le pays, il s’était abstenu pendant des années de toute prise de position publique notable sur la situation qu’il dénonce aujourd’hui.
Son retour dans le débat public intervient en outre dans un contexte judiciaire lourd. Début février 2025, la Chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis l’a condamné par contumace à 35 ans de prison dans l’affaire « Instalingo », pour atteinte à la sûreté de l’État, blanchiment d’argent et diffamation via les réseaux sociaux.
R.B.H











Commentaire
Citoyen_H
VOUS ÊTES « OUT »,
Demeurez-le !
C’est ce qu’il y a de mieux pour vous.
Vous êtes très loin d’avoir en vous, le profil d’un dirigeant, tout comme la majorité des saltimbanques post 2011.