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Depuis la prison de Mornaguia, l’homme d’affaires Taoufik Mkacher appelle à la relance de la réconciliation pénale

Par Sarra Hlaoui

Détenu depuis plus de deux ans à la prison civile de Mornaguia, l’homme d’affaires et président du CSCH (Croissant sportif chebbien), Taoufik Mkacher, a décidé de rompre le silence. Dans une lettre rendue publique, il interpelle les autorités sur le sort des hommes d’affaires incarcérés dans des dossiers à caractère économique, plaidant pour une reprise effective du processus de réconciliation pénale et dénonçant une situation qu’il juge « injuste » et « préjudiciable », tant pour les détenus que pour l’économie nationale.

Arrêté « brutalement » le 20 octobre 2023, Taoufik Mkacher affirme que son incarcération a eu de lourdes conséquences sur sa santé, dont il dit subir encore les effets. Il précise être poursuivi dans le cadre d’une affaire liée à des crédits contractés par l’une de ses sociétés auprès de la Société tunisienne de banque (STB). Selon lui, aucun impayé n’existait au moment de son arrestation et les garanties fournies couvraient largement les montants accordés. Il souligne par ailleurs être le seul maintenu en détention dans ce dossier, alors que neuf cadres bancaires impliqués sont en liberté.

« La place des hommes d’affaires n’est pas en prison »

Dans son message, l’homme d’affaires insiste sur le fait que « la prison n’a jamais été une réponse aux dossiers économiques, ni une solution pour l’économie du pays ». Il rappelle avoir opté, quatre mois avant son arrestation, pour la voie de la réconciliation pénale, convaincu qu’elle permettrait de régler les contentieux économiques de manière responsable. Il affirme avoir respecté l’ensemble des procédures, participé à toutes les réunions prévues et assumé les frais des experts, sans qu’aucun accord n’ait toutefois abouti.

Taoufik Mkacher déplore un climat dans lequel, selon lui, « le simple fait d’être homme d’affaires est devenu une source de suspicion ». Il relève également le décalage entre les déclarations officielles, affirmant que la place des hommes d’affaires n’est pas en prison et que la réconciliation pénale devait être relancée, et la réalité sur le terrain, qu’il juge inchangée.

Dans ce contexte, il évoque le choix de nombreux hommes d’affaires de quitter le pays, tandis que ceux qui restent détenus en Tunisie, selon ses termes, ont fait le choix « d’affronter leur situation par confiance dans la justice et dans la parole donnée ».

L’homme d’affaires appelle à une relance urgente et effective de la réconciliation pénale, avec des conditions qu’il qualifie de « raisonnables, non contraignantes et réellement applicables ». Il estime que cette démarche devrait permettre la libération immédiate des hommes d’affaires ayant adhéré à ce processus, rappelant que leur place « n’a jamais été la prison ».

Il conclut en soulignant que les premières victimes de ces détentions restent les familles des concernés, avant d’adresser un message de remerciement à celles et ceux qui lui apportent leur soutien, et une pensée à l’ensemble des détenus.

S.H

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