Le marché tunisien du café est de plus en plus affecté par la prolifération du café de contrebande, principalement en provenance d’Algérie et de Libye, a alerté ce lundi 29 décembre 2025, Badreddine Bahroun, vice-président du groupement professionnel des torréfacteurs de café relevant de l’organisation Conect.
Intervenant dans l’émission Le Mag Express, Badreddine Bahroun a indiqué que les opérations de contrebande ont connu une hausse significative au cours des derniers mois, entraînant de lourdes conséquences sur le marché local. Il a précisé que les commerçants s’approvisionnent légalement auprès de l’Office tunisien du commerce (OTC) à un prix de 34,5 dinars le kilogramme, tandis que le café de contrebande est écoulé à des prix oscillant entre 20 et 22 dinars le kilogramme.
Cette importante différence de prix pousse de nombreux propriétaires de cafés à se tourner vers les circuits illégaux, au détriment des commerçants et torréfacteurs respectant les canaux officiels. « Cette situation a causé des préjudices considérables aux acteurs du marché légal, qui peinent à rester compétitifs », a-t-il souligné.
Selon Badreddine Bahroun, les professionnels du secteur ont saisi à plusieurs reprises le gouvernement et le ministère du Commerce afin de trouver des solutions pour endiguer ce phénomène, sans qu’aucune avancée concrète n’ait été enregistrée à ce jour. Il a également dénoncé l’inondation du marché par d’importantes quantités de café de contrebande, désormais vendues ouvertement sur les réseaux sociaux, sans véritable contrôle.
Face à cette situation, le vice-président du groupement professionnel a appelé à une série de mesures urgentes, notamment la réduction temporaire des prix pratiqués par l’Office tunisien du commerce, la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée sur le café, ainsi qu’un renforcement des contrôles sur le marché et les circuits de distribution.
Dans un climat de tension croissante, Badreddine Bahroun a enfin annoncé l’organisation d’une manifestation de protestation le jeudi 8 janvier devant le siège du ministère du Commerce, suivie d’un sit-in ouvert, afin de faire pression sur les autorités pour l’adoption de solutions immédiates et efficaces.
S.H










