Dans une vidéo publiée samedi 3 janvier 2026, le député Ahmed Saïdani est revenu sur l’« opération américaine » au Venezuela, évoquant la tentative de déstabilisation du pouvoir en place et l’enlèvement du président Nicolás Maduro. S’appuyant sur cet épisode, il a mis en garde contre la possibilité de scénarios similaires en Tunisie, sous des formes différentes.
Dans le texte accompagnant sa vidéo, le député affirme que « le scénario vénézuélien pourrait se reproduire en Tunisie sous d’autres formes » et appelle la jeunesse à « bâtir une alternative nationale et populaire », avertissant que des « alternatives imposées depuis l’étranger » pourraient s’imposer si aucun projet tunisien autonome n’émerge. Selon lui, « les alternatives fabriquées dans les ambassades ne seront jamais du côté du peuple ».
Une dénonciation de l’ingérence étrangère
Dans son intervention, Ahmed Saïdani décrit la situation au Venezuela comme une « ingérence flagrante dans la souveraineté d’un État », menée sous des « slogans trompeurs brandis au nom de la démocratie ». Il évoque une stratégie reposant sur le blocus économique, l’appauvrissement de la population, puis l’imputation de l’échec aux dirigeants locaux.
Le député estime que les grandes puissances, et en particulier les États-Unis, n’interviennent jamais « par amour des peuples », mais pour défendre des intérêts économiques, des ressources naturelles ou des positions géostratégiques, notamment dans le cadre de rivalités internationales avec la Chine ou la Russie. Il rappelle que ce type d’opérations a déjà été mené dans plusieurs pays par des moyens indirects, sécuritaires ou de renseignement.
Critique de la personnalisation du pouvoir en Tunisie
Au-delà du contexte international, Ahmed Saïdani concentre une large part de son propos sur la situation politique tunisienne. Il estime que le principal danger ne réside pas uniquement dans les plans élaborés à l’étranger, mais aussi dans les choix opérés à l’intérieur du pays.
Il critique vivement ce qu’il décrit comme une « réduction de la politique à une seule personne », affirmant que le processus du 25-Juillet a été progressivement résumé à la figure du président Kaïs Saïed, puis que l’État lui-même a été assimilé à un seul homme. Pour lui, attendre d’un « homme fort » qu’il règle tous les problèmes constitue une erreur majeure, tout comme transformer la vie politique en un affrontement binaire où il faudrait être « avec ou contre ».
Selon le député, un régime fondé sur un individu, même animé de bonnes intentions et d’une image de probité, reste par nature fragile, exposé aux pressions, aux chantages politiques et aux tentatives d’infiltration, voire susceptible d’être utilisé un jour contre le peuple lui-même.
Appel à une « alternative nationale et populaire »
Ahmed Saïdani insiste sur le fait que les États ne se construisent pas sur des personnes, mais sur des projets, des visions et des organisations. Il met en garde contre les alternatives « fabriquées à l’étranger », estimant qu’elles finissent toujours par servir des intérêts extérieurs avant ceux des populations.
Il appelle ainsi à la construction d’une « alternative nationale et populaire », qu’il ne définit ni comme un slogan ni comme une figure charismatique, mais comme un projet structuré reposant sur l’organisation populaire, la conscience politique, le rôle central de la jeunesse et un programme économique au service des Tunisiens. Cette alternative devrait, selon lui, garantir une décision souveraine, indépendante de toute influence extérieure, et reposer sur des institutions solides plutôt que sur une « aura de sauveur ».
En conclusion, le député affirme que « le Venezuela est une leçon » et avertit que l’histoire ne fait pas de cadeaux à ceux qui refusent d’en tirer des enseignements. Il appelle les Tunisiens, et particulièrement les jeunes, à agir dès maintenant pour éviter que l’avenir du pays ne soit, selon ses mots, « écrit depuis l’autre rive ».
R.B.H











9 commentaires
Hannibal
Ce monsieur et ses réactions représentent parfaitement la double pathologie de ce régime :
schizophrénie et trouble bipolaire.
HatemC
Son intervention est une tentative complexe de naviguer entre le soutien à la souveraineté nationale de son président et une critique frontale de la dérive autocratique actuelle en Tunisie.
En invoquant le « scénario vénézuélien », le député Ahmed Saïdani ne met pas en garde la Tunisie contre un danger extérieur.
Il offre au régime en place un alibi idéologique pour masquer ses propres dérives.
Le Venezuela n’est pas la preuve d’une démocratie détruite par l’ingérence étrangère.
Il est l’exemple parfait d’un pays ruiné par un autoritarisme populiste, une économie confisquée par une caste, et la destruction méthodique des institutions au nom de la souveraineté. Les sanctions américaines ont aggravé la crise, elles ne l’ont pas créée. Maduro n’a pas été victime d’un complot : il est l’architecte de l’effondrement de son pays.
Comparer la Tunisie à ce scénario relève soit de l’ignorance, soit de la manipulation.
Ben Ali n’a pas été renversé par une ambassade, mais par une explosion sociale réelle soutenu par la CIA et ses » assassins économiques « .
Le véritable échec est ailleurs : le peuple tunisien et ses élites n’ont pas su transformer une rupture historique en institutions durables.
A CHAQUE ETAPE, ILS ONT SOUTENU DES PARTIS AU LIEU DE PRINCIPES, DES LEADERS AU LIEU DE REGLES, DES SLOGANS AU LIEU D’UN PROJET DE SOCIETE.
C’est cette responsabilité interne que Saïdani refuse d’assumer et d’ailleurs ce Mr reproduit les mêmes erreurs du passé …. il ne soutient pas un parti mais une certaine idée … et surement pas le pays ….
Son discours est d’ailleurs profondément contradictoire. Il dénonce la personnalisation du pouvoir, tout en soutenant un régime qui a réduit l’État tunisien à un seul homme. Il critique le mythe de l’homme providentiel, tout en justifiant un système où toute opposition est criminalisée et toute alternative étouffée. Sa critique est tolérée précisément parce qu’elle est sans conséquences.
Quant à l’obsession de la souveraineté, elle est devenue l’arme favorite des régimes faibles. Les États réellement souverains n’ont pas peur de l’ingérence
Le Venezuela n’est pas un avertissement contre l’ingérence étrangère.
Il est un avertissement contre les régimes qui prétendent gouverner au nom du peuple tout en le maintenant dans la pauvreté, le silence et la peur.
En brandissant cet exemple, Ahmed Saïdani ne protège pas la Tunisie.
Il prépare idéologiquement l’acceptation de son échec démocratique….
J’ai lu quelques part un intervenant Tunisino que je salue la Tunisie est gérée par des littéraires et des illettrés qui sèment la médiocrité et l’échec sur tous les plans.
Les derniers de la classe sont en train de gouverner depuis 2011 …. je souhaite dans un autre post m’attarder sur les termes « littéraires » et » illettrés » … HC
Vladimir Guez
Vous avez tort. Pour preuve , « La Tunisie n’est pas une cible facile » vient de déclarer un voisin qui l’a pourtant déjà mise sous tutelle.
le financier
Au vue des commentaires sionistes , maduro comme saddam comme bashard ont tous été trahi par les généraux que les américains ont acheté .
Le generaux irakiens ont ouvert les portes de Baghdad , les US ont fait de meme au Venezuela et la cia et les turc de meme avec les generaux de Bashar…
KS et tes proches ont du soucis a se faire parceq vous n avez ni le peuple ni l armée ni rien
Gg
Maduro, que vous semblez soutenir, n’est qu’un narco trafiquant de la pire espèce.
Il n’a rien entendu des mises en garde que les US lui adressent depuis 20 ans, alors il a eu ce qu’il mérite.
Maintenant le Venezuela pourra sortir du marasme et de la dictature…
Nahor Guëttam
Pour bon nombre de propos dans sa publication personnelle, je vois que le député Saidani montre une participation sincère à son rôle parlementaire, si modeste qu’il est destiné à être dans le système ‘robocopic’ imposé – et justement il s’en plaint.
Mais là situation socio-politique et stratégique en Tunisie s’est trop détériorée, tandis que le danger évoqué d’un scénario interventionniste et sournois de l’actuelle Présidence américaine, aimant les grandes surprises, est bien réel, que nous ne pouvons pas laisser le champ libre aux ‘projets’ et initiatives ‘populaires’, puisque cela aggravera la confusion, l’anarchie et le chaos où l’Etat déjà se meurt inexorablement…
À ce stade, il vaut mieux tenter la communication avec le Président Saied, accompagnée d’études et réflexions approfondis, pour essayer de le convaincre d’un changement stratégique radical.
Le passé idéologique de M.Saied a fatalement trop pesé sur ces décisions infructueuses, surtout au niveau de stratégie diplomatique, prises dans une aventurisme qui s’est évidemment trop éloigné de l’Histoire et de la géopolitique. Il faut assumer la « leçon » des évènements au Venezuela ainsi qu’en Iran, et rapidement.
Kais Saied devrait être conseillé et convaincu par les députés plus réalistes, à rapidement se dédouaner de la doute ou de l’accusation qui se répandent de son appartenance khomeiniste, et d’ailleurs on voit comment le régime de Bachar Assad a été affaibli puis ébranlé une fois absorbé et infiltré dans la sphère du khomeinisme, idéologiquement et activement par les Corps préposés militairement par la république islamique, en porte-à-faux avec la continuité du bassiste et de la doctrine étatique nationale.
Il s’agit en fait de RÉCUPÉRER la doctrine nationale tunisienne, qui reste bien ancrée dans l’Histoire et la stratégie de l’Etat, la réintégrer aux changements géopolitiques survenus ou qui surviennent, et opérer donc dans un climat plus rationnel, moins impulsif et épuré de la haine ou de la vindicte personnelle.
Cela signifie étendre une opération anti-Ikhwane en profondeur, incluant leur sphère idéologique antisémite, initier une campagne de dialogue inter-religieux et culturel, prônant la tolérance laïque, reconstituer une Chaire universitaire pour le Dialogue des Religions et des Civilisations, démanteler les cellules djihadistes cachées et dormantes.
En économie, retourner à un mécanisme néolibéral classique, avec la juste condamnation des lobbys technocrates européens, sans succomber aux tentations totalitaires maoïstes ou islamo-marxistes.
Procéder aussi à une vaste grace présidentielle pour les ‘prisonniers d’opinion’ pour le nouvel an 2026.
N.G.M. – activiste indépendant pour les Droits humains en Afrique
Nahor Guëttam
*ERRATA CORRIGE
(faute de l’assistante de frappe)
« …en porte-à-faux avec la continuité du baasiste et de la doctrine étatique nationale.. »
N.B. L’interdiction d’activité du parti Baas en Syrie par l’occupation djihadiste à Damas est évidemment une grave conséquence avec la chute du régime des Assad, avec les massacres opérés contre les minorités religieuses. De ce point de vue, Ahmed Charaa n’a plus de légitimité populaire, malgré les rassemblements et soutiens rapidement mis en place par la Turquie de Erdogan et les pays du Golfe soutenant le salafisme doctrinal anti-laicité. Peu importe l’accueil lui reservé par Trump, Israël l’a pratiquement isolé et selon de toutes récentes déclarations du ministre de la Diaspora, M. Chickly (originaire tunisien) le statu-quo en Syrie et temporaire, aucune « normalisation » avec Sharaa n’étant pas assurée par le gouvernement de Tel-Aviv.
le financier
Je crois qu il n a pas compris , le peuple vous hait toi et KS pour toute l incompetence et la souffrance que vous leur infligé .
Qu avez vous accompli pour que vous nous demandiez de verser notre sang pour que vous puissiez jouir du pouvoir ?
Qu avez vous donner au peuple .
Meme nos valeurs , justice patrie religion vous les avez vendu .
Vous serez tous remplacé ce n est qu une question de tps , la question sera juste de savoir si vos remplacants seront choisi par le peuple ou par les occidentaux .
Preparez vous a partir
ZARZOUMIA
saidani et certains medias risquent quelques surprises