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Précipitations, baisse des températures et neige : un expert décrypte la situation climatique en Tunisie

Par Nadya Jennene

Invité de la matinale de Jawhara FM, l’enseignant chercheur en géographie et climatologue, Zouhaier Hlaoui, a apporté, mercredi 7 janvier 2026, un éclairage scientifique sur la situation climatique actuelle en Tunisie, marquée par des précipitations régulières, une baisse progressive des températures et un retour de la neige dans certaines zones montagneuses. Selon l’expert, ces phénomènes s’inscrivent dans les caractéristiques naturelles du climat méditerranéen auquel appartient la Tunisie.

Le chercheur a rappelé que le pays se situe pleinement dans la sphère climatique méditerranéenne, un climat connu pour l’alternance de périodes relativement contrastées, notamment en hiver. Cette saison se distingue par des températures modérément basses — sans atteindre les niveaux observés dans des régions plus septentrionales — et par des précipitations, essentielles à l’équilibre environnemental et agricole.

L’universitaire a insisté sur la nature des pluies actuellement observées, qu’il a qualifiées de bénéfiques. Contrairement aux épisodes pluvieux intenses et courts, souvent responsables d’érosion des sols, de ruissellement excessif et d’inondations, les pluies étalées dans le temps, tombant progressivement, permettent une meilleure infiltration de l’eau. Ce type de précipitations constitue un atout majeur pour l’agriculture, la recharge des nappes phréatiques et la gestion hydrique en milieu urbain.

Sur le plan agricole, la Tunisie serait entrée dans une phase connue du calendrier traditionnel sous le nom de « nuits blanches », correspondant à une période de dormance végétative. Cette étape est cruciale pour de nombreuses cultures, car elle prépare le sol et les plantes à la phase suivante, dite des « nuits noires », attendue autour du 14 janvier. Cette transition marque symboliquement le réveil progressif de la végétation et la reprise de l’activité biologique. 

Interrogé sur la portée climatique de ces conditions, notamment après plusieurs années de sécheresse, le spécialiste a indiqué que les indicateurs actuels étaient plutôt encourageants. La multiplication des périodes pluvieuses, associée à une baisse des températures et à un retour de la neige pour la troisième année consécutive dans les zones d’altitude, suggère une année relativement humide. Ces conditions sont particulièrement favorables à certaines cultures arboricoles, telles que l’olivier, l’abricotier ou le pommier, qui nécessitent un certain froid pour un développement optimal.

Toutefois, le chercheur a tenu à nuancer toute interprétation hâtive. En climatologie, les phénomènes météorologiques s’inscrivent dans des cycles naturels de différentes durées — allant de deux à trois ans, à cinq ou sept ans, voire à des cycles plus longs — influencés notamment par l’activité solaire et d’autres facteurs naturels. Ces cycles peuvent parfois se synchroniser, entraînant soit des déficits prolongés en précipitations, soit, au contraire, des périodes plus humides.

Il a noté, dans ce sens, qu’un facteur majeur vient aujourd’hui perturber ces équilibres : le changement climatique d’origine anthropique. L’activité humaine introduit une instabilité croissante dans les systèmes climatiques, rendant les prévisions plus complexes et moins fiables à long terme. « Nous observons un dérèglement des schémas habituels, ce qui complique l’anticipation des évolutions futures », a souligné l’universitaire.

N.J

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