Un avertissement grave a été lancé mercredi 7 janvier 2026 par l’avocat Sami Ben Ghazi, alors que la situation sanitaire des détenus politiques, Ayachi Hammami et Ahmed Souab suscite une inquiétude croissante.
Dans une publication sur Facebook, il a signalé que l’état de santé des deux avocats ne cessaient de se détériorer mettant en garde contre les conséquences.
« L’avocat et militant Ayachi Hammami, sexagénaire, entame son trente-cinquième jour de grève de la faim. Un seuil critique. Amaigri, considérablement affaibli, son organisme est désormais exposé à des défaillances soudaines : l’arrêt d’un organe vital, une perte de connaissance, voire une issue fatale, peuvent survenir à tout moment », a alerté Sami Ben Ghazi.
« Cette alerte n’a rien d’une exagération émotionnelle. Elle émane de personnes averties, familières des conséquences médicales lourdes et parfois irréversibles que provoquent les grèves de la faim prolongées sur le corps humain », a-t-il ajouté.
Ayachi Hammami a entamé une grève de la faim depuis son arrestation et son placement en détention le 2 décembre 2025, pour protester contre le jugement en appel le condamnant à cinq ans de prison, sur la base d’accusations liées à « l’appartenance à une organisation terroriste », une qualification que ses soutiens jugent arbitraire et infondée.
Un appel a été lancé le 2 janvier 2026, exhortant l’avocat à mettre fin à la grève de la faim en raison de la dégradation inquiétante de son état de santé.
Ahmed Souab a, lui, été condamné, le 31 octobre 2025, à cinq ans de prison ferme assortis de trois ans de surveillance administrative. Le verdict avait été prononcé par la chambre criminelle spécialisée du pôle judiciaire antiterroriste, à l’issue d’un procès pour « incitation à commettre un acte terroriste » et « atteinte à la sûreté intérieure de l’État », sur la base d’une déclaration faite en marge du procès en première instance de l’affaire dite du complot contre la sûreté de l’État.
Mardi 6 janvier 2026, son état de santé s’est fortement dégradé. ses proches ont indiqué qu’il avait été victime d’un premier épisode de saignement nasal sévère nécessitant l’intervention de l’équipe paramédicale du pavillon carcéral où se situe sa cellule.
La situation s’est aggravée quelques heures plus tard. Aux alentours de 14 heures, l’ancien juge a subi une seconde hémorragie, décrite comme plus violente, qui lui avait fait perdre connaissance. Cette dégradation a alors requis l’intervention du médecin principal de la prison de la Mornaguia, ainsi que celle d’un cadre supérieur relevant de la direction générale des prisons et de la rééducation.
Commentant l’état de santé de Me Souab, Sami Ben Ghazi a affirmé qu’une prise en charge médicale urgente et adaptée serait nécessaire. « À défaut de soins prodigués dans des conditions adéquates et sans délai, son état pourrait connaître une détérioration rapide, mettant sa vie en danger de manière tangible », a-t-il précisé.
Il a signalé, par ailleurs, avoir pris la parole pour dissiper toute ambiguïté, afin que nul ne puisse, demain, invoquer l’ignorance. « Je ne savais pas », a-t-il prévenu, ne saurait être une excuse recevable.
Loin d’un simple exercice de décharge morale, il a avancé que son témoignage se veut aussi un aveu collectif d’impuissance. Une reconnaissance amère d’un état de paralysie et de faiblesse partagée, assumée sans détour : « Nous sommes tous complices de cette incapacité à agir, et j’en suis le premier. »

N.J










