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Après la découverte d’un double cancer, la famille de Chadha Haj Mbarek réclame sa libération immédiate

Par Imen Nouira

La famille de la journaliste Chadha Haj Mbarek, actuellement en détention, a lancé, mercredi 7 janvier 2026, un appel urgent pour sa libération, après la révélation de deux tumeurs malignes affectant son abdomen et sa poitrine. Dans un communiqué détaillé, ses proches dénoncent un « crime d’ignorance » et un « échec du système pénitentiaire et médical » qui mettraient la vie de la journaliste en danger.

Un parcours médical tragique en prison

Selon la famille, Chadha Haj Mbarek, détenue au début à la prison civile de Messadine, a d’abord été victime d’un incident physique grave : « Une agression par une autre détenue a provoqué une blessure sévère à la main. Malgré la gravité de l’état et la douleur intense, l’administration de la prison a délibérément ignoré sa situation et l’a privée de soins ». La famille explique que la journaliste a dû entamer des grèves de la faim simplement pour pouvoir voir un médecin.

Après son transfert au centre pénitentiaire de Belli, son état s’est aggravé : « Face à l’aggravation de ses douleurs abdominales, il a été finalement révélé qu’elle souffrait d’une tumeur maligne au niveau de l’abdomen, puis une seconde tumeur maligne au niveau de la poitrine a été diagnostiquée à l’Institut national de cancérologie Salah Azaïz ». La famille souligne que ce retard dans le diagnostic est directement lié à un manque de soins et d’attention médicale pendant sa détention.

« Le retard fatal dans le diagnostic est la conséquence directe de l’ignorance délibérée à laquelle elle a été exposée, surtout à la prison civile de Messadine », écrivent ses proches. Selon eux, son état actuel est « critique et met sa vie en danger à chaque instant », nécessitant deux interventions chirurgicales urgentes et distinctes, pour lesquelles aucun calendrier n’a encore été fixé.

Des accusations graves contre le système pénitentiaire

Le communiqué accuse directement le système pénitentiaire, les autorités sanitaires et l’appareil judiciaire : « Tout retard, silence ou justification procédurale équivaut à une complicité manifeste ». La famille demande  :

  1. La libération immédiate de Chadha Haj Mbarek afin qu’elle puisse recevoir un traitement adéquat à l’extérieur de la prison.
  2. La fixation urgente des dates pour les interventions chirurgicales et un suivi médical complet.
  3. L’ouverture d’une enquête indépendante et sérieuse sur l’agression dont elle a été victime et sur l’absence de soins appropriés à Messadine.

« Toute atteinte à sa vie sera une tache indélébile, et tous ceux qui ont participé, fermé les yeux ou cautionné ces manquements seront tenus responsables », avertit la famille.

Contexte judiciaire et implications de l’affaire « Instalingo »

Chadha Haj Mbarek avait été condamnée en première instance à cinq ans de prison dans le cadre de l’affaire tentaculaire dite « Instalingo », impliquant 41 prévenus. Arrêtée en octobre 2021, elle est poursuivie pour des chefs d’accusation graves, notamment : « complot visant à changer la forme de l’État », « atteinte à la sûreté de l’État » et « outrage au chef de l’État ».

Dans le même dossier, son père et ses deux frères avaient été arrêtés avant d’être relâchés. Selon ses avocats, un juge d’instruction avait ordonné sa remise en liberté et l’abandon de toutes les charges, décision contestée par le ministère public, qui a fait appel, entraînant son maintien en détention.

L’affaire « Instalingo » concerne journalistes, blogueurs, responsables politiques et hommes d’affaires, dont Rached Ghannouchi, Hichem Mechichi et Nadia Akacha, et repose sur les articles 61, 62 bis et 67 du Code pénal. La société Instalingo, spécialisée dans le contenu numérique et basée à Kalâa Kebira (Sousse), avait été perquisitionnée le 10 septembre 2021 avant que l’affaire ne soit transférée, fin 2024, au pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a pointé la responsabilité de la justice et du ministère de la Justice dans le blocage du dossier, estimant que les retards procéduraux répétés aggravent la situation psychologique et médicale de la journaliste. Le SNJT dénonce également la reconduction à plusieurs reprises de la désignation de juges d’instruction après l’appel du parquet, considérée comme une atteinte aux garanties d’un procès équitable.

I.N.

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