L’ancien député Majdi Karbai a indiqué, à travers un statut publié sur les réseaux sociaux, mercredi 7 janvier 2026, que les données officielles du ministère italien de l’Intérieur mettent en évidence une évolution significative des flux de migration irrégulière vers l’Italie entre 2024 et 2025, marquée par une chute nette du nombre de migrants tunisiens, malgré une stabilité globale des arrivées.
Dans sa publication, Majdi Karbai souligne que le nombre total de migrants ayant atteint le territoire italien est resté quasiment inchangé d’une année à l’autre, tout en relevant un recul « brutal et révélateur » des départs depuis les côtes tunisiennes. Il évoque également un déplacement partiel des routes migratoires, notamment vers l’Algérie, ce qui, selon lui, confirme que la dynamique migratoire demeure active mais se reconfigure sous l’effet des politiques de contrôle.
Chiffres stables, chute des départs tunisiens
Dans le détail, les chiffres officiels font état de 66.296 migrants arrivés en Italie en 2025, dont 1.828 Tunisiens. En comparaison, 66.317 migrants avaient été enregistrés en 2024, parmi lesquels 7.677 Tunisiens. Ces données montrent que si le volume global des arrivées est resté stable, la part des migrants tunisiens a connu une diminution spectaculaire en l’espace d’un an.
Selon l’ancien député, cette baisse ne concerne pas uniquement les Tunisiens, mais touche également certaines nationalités africaines, notamment guinéenne, malienne et gambienne, dont les départs depuis la Tunisie ont fortement diminué. À l’inverse, il relève une hausse notable des arrivées de migrants algériens, avec 1.719 personnes enregistrées en 2025, alors que ce couloir migratoire était presque inexistant l’année précédente.
Une conséquence directe des accords migratoires
Pour Majdi Karbai, ces évolutions confirment que le recul observé n’est pas le signe d’un affaiblissement général de la migration irrégulière vers l’Italie, mais qu’il est essentiellement concentré sur la Tunisie en tant que point de départ. Il attribue cette tendance aux politiques de restriction mises en œuvre par les autorités tunisiennes, dans le cadre des accords de coopération migratoire conclus avec l’Italie.
Ces accords reposeraient notamment sur le durcissement du contrôle des côtes et la prévention des départs, la limitation des déplacements des migrants subsahariens à l’intérieur du territoire tunisien, ainsi que sur une transformation progressive de la Tunisie en espace de rétention de fait, plutôt qu’en pays de transit.
L’ancien député estime enfin que ces chiffres contredisent le discours alarmiste autour d’une prétendue « politique de peuplement » des migrants en Tunisie. Selon lui, les choix actuels ne visent ni à organiser la migration ni à garantir les droits des migrants, mais répondent avant tout à des engagements sécuritaires pris envers les partenaires européens, en particulier l’Italie.
S.H











