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Vague d’indignation après des propos racistes sur Attessia 

L’animatrice Imen Jelassi a évoqué, sur le plateau de l’émission Rendez-vous 9 diffusée sur Attessia, la « nécessité d’empêcher les femmes ‘africaines’ d’accoucher en Tunisie ». Ses propos ont suscité une vive polémique et de nombreuses réactions indignées sur les réseaux sociaux.

Ces propos, tenus dans le contexte du débat sur la migration irrégulière, ont été largement dénoncés comme étant racistes, contraires aux droits humains et dangereux sur le plan éthique et juridique.

Le médecin Abdelmajid Mselmi a rapidement réagi. Dans une publication sur les réseaux sociaux, il a dénoncé le fait qu’« une chaîne de télévision appelle à empêcher les migrantes africaines d’enfanter », qualifiant cette position de « pensée raciste ». Tout en reconnaissant la nécessité de réfléchir à des solutions à la migration, il a souligné que celles-ci ne peuvent en aucun cas passer par des approches « hostiles à l’humanité ».

De son côté, le journaliste Fahem Boukadous a fermement condamné ces déclarations, rappelant que « le racisme n’est pas un point de vue, mais un crime ». Selon lui, appeler à empêcher des femmes d’accoucher en raison de leur origine constitue une incitation explicite à la discrimination raciale et une banalisation dangereuse du discours de haine.

Il affirme être choqué d’entendre de tels propos formulés « avec autant de légèreté » sur un plateau de télévision. Il estime que présenter l’interdiction de l’accouchement comme une mesure de politique migratoire constitue non seulement un « effondrement moral et intellectuel », mais aussi une sortie manifeste du champ des politiques publiques vers une logique de contrôle des corps « sur une base raciale ».

Fahem Boukadous rappelle que la migration, dans toutes les expériences étatiques, est une question juridique, économique et politique, qui se gère par les lois, les institutions et les accords internationaux, et non par la sanction des femmes dans leurs corps.

L’avocat Sami Ben Ghazi a, quant à lui, qualifié ces propos d’« imbéciles, ignorants, dégradants et racistes », estimant qu’ils relèvent clairement d’une infraction au regard de la législation tunisienne relative à la lutte contre la discrimination raciale. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une opinion, mais d’un acte répréhensible, dénonçant un climat où certains discours seraient tolérés au nom d’un prétendu « mandat populaire », même lorsqu’ils constituent des crimes pleinement constitués.

Sur le plan juridique, l’animateur Nachêet Azzouz a rappelé que la Tunisie criminalise explicitement la discrimination raciale en vertu de la loi organique n°50 de 2018, relative à l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

Ce texte prévoit des peines de prison allant d’un à trois ans, ainsi que des amendes comprises entre 1 000 et 3 000 dinars, pour toute personne qui incite à la haine, diffuse ou promeut des idées racistes ou porte atteinte à la dignité d’autrui sur une base raciale. Les sanctions sont doublées lorsque l’auteur est une personne morale, ce qui pose directement la question de la responsabilité des médias et de leurs plateformes.

S.H

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4 commentaires

  1. Gore fest

    8 janvier 2026 | 15h29

    Ce qui m’embête dans toutes ces histoires, c’est que nos grands juristes et intellectuels passent leur temps à s’indigner et à condamner sur les réseaux sociaux chaque fois qu’un animateur invité ou qu’un chroniqueur fait une remarque raciste, mais qu’aucun de nos chers experts n’a le courage d’attaquer cette dame , ni les autres d’ailleur, en justice.

  2. Larry

    8 janvier 2026 | 9h49

     » Que les femmes du Maghreb ne viennent plus accoucher en Europe « ….
    Ce ne serait pas mal non plus pauvre débile !….

  3. Mhammed Ben Hassine

    8 janvier 2026 | 8h13

    « nécessité d’empêcher les femmes ‘africaines’ d’accoucher en Tunisie ».
    OK qu’on accepte se principe pour nos ressortissants illégaux en France,iltalie qui souffre et en a marre des immigrés clandestins
    On s’indigne de la politique (deux poids deux mesures) que les occidentaux l’applique en vers nous et nous! On l’applique volontier accompagner joie

    • ZARZOUMIA

      8 janvier 2026 | 19h37

      TOKTIL ! même pas bimkass el afiya .