Dans une publication diffusée jeudi 8 janvier 2026 sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre Faouzi Ben Abderrahman a livré une critique sévère de la notion de « mandat populaire » invoquée par le chef de l’État pour justifier son exercice du pouvoir. Selon lui, les manifestations présentées comme une expression de soutien populaire relèvent davantage d’une mobilisation artificielle, encouragée par les appareils de l’État, que d’une adhésion libre et consciente de la société.
Lors d’une rencontre avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le 24 décembre 2025, le président de la République Kaïs Saïed a évoqué un mandat populaire exprimé le 17 décembre en référence aux mobilisations enregistrées à Tunis pour la célébration de la Révolution.
Estimant que ces pratiques sont caractéristiques des régimes en perte de légitimité, qui recourent à l’instrumentalisation des franges les plus vulnérables de la population afin de compenser l’affaiblissement de leur assise politique, Faouzi Ben Abderrahman a souligné que cette mobilisation forcée ne reposait pas uniquement sur la précarité matérielle, mais également sur une fragilisation du discernement citoyen, exploitée par les pouvoirs en place.
À l’opposé, l’ancien ministre a mis en avant les mobilisations portées par la jeunesse et par une société civile qu’il qualifie de « résistante », engagée contre ce qu’il décrit comme une injustice systémique.
Il a cité notamment les procès jugés iniques, l’emprisonnement de responsables politiques, de journalistes et de blogueurs, les restrictions croissantes des libertés individuelles et collectives, ainsi que la concentration du pouvoir entre les mains d’une seule autorité. Il dénonce également l’absence de débat public, la marginalisation des corps intermédiaires et l’arbitraire de politiques publiques imposées sans véritable légitimité politique.
Selon Faouzi Ben Abderrahman, l’ampleur de ces mobilisations contestataires aurait dû être interprétée, par un pouvoir rationnel, comme un signal clair de l’absence de délégation populaire en sa faveur. Il y voit l’un des indicateurs les plus révélateurs de l’échec du contrat social actuel.
L’ancien ministre a affirmé que l’avenir ne saurait être confisqué par ceux qui ignorent les leçons du passé, insistant sur le fait qu’une génération née dans la liberté ne peut être ramenée de force vers des modèles autoritaires appartenant à une époque révolue.
Concluant son message sur un ton résolument mobilisateur, Faouzi Ben Abderrahman a appelé à une mobilisation le 10 janvier, comme une nouvelle étape de la lutte pour la liberté, qu’il présente comme une confrontation pacifique contre l’injustice, la dérive autoritaire et ce qu’il considère comme une falsification de la volonté populaire.
Une mobilisation nationale d’envergure, réunissant l’ensemble des partis et mouvements d’opposition, a été annoncée pour le samedi 10 janvier 2026. Présentée comme un mandat populaire contre l’injustice, cette initiative vise à dénoncer la dérive du pouvoir exécutif et la concentration des pouvoirs. Elle s’inscrit dans la continuité des mouvements de protestation qui ont marqué l’année 2025, durant laquelle plusieurs marches ont été organisées à travers le pays. Ces mobilisations ont rassemblé citoyens, militants des droits humains et forces politiques d’opposition pour contester les restrictions aux libertés fondamentales, ainsi que les décisions controversées de l’exécutif, notamment les poursuites judiciaires et condamnations visant des figures majeures de l’opposition tunisienne.

N.J










