Le futur de la Tunisian Saudi Bank (TSB Bank, ex-Stusid) est au cœur des discussions au ministère des Finances. Mercredi 7 janvier 2026, Mechket Slama Khaldi a accueilli Abderrahman Mohamed Ramzi Addas, président sortant du Conseil d’administration, et Ehab Youssef Lanjawi, son successeur, pour tracer les grandes lignes d’une réforme visant à renforcer la gouvernance et la résilience de la banque.
Une réforme ambitieuse pour moderniser la banque
Selon le communiqué publié jeudi 8 janvier 2026, la rencontre a été consacrée à l’avenir de l’institution et aux moyens de développer ses capacités dans le cadre d’une « planification réformatrice intégrale ». La ministre a souligné la nécessité d’améliorer les mécanismes de gestion et de moderniser la gouvernance afin de garantir l’efficacité des opérations et une utilisation optimale des ressources. L’objectif affiché est de restaurer la confiance dans la banque et d’assurer sa capacité à accompagner les priorités économiques de la Tunisie et de l’Arabie saoudite.
Le communiqué précise que le ministère des Finances tunisien restera pleinement engagé dans le suivi et la coordination avec le partenaire saoudien, afin de soutenir la banque et de renforcer les relations bilatérales.
Une institution confrontée à une crise financière majeure
La Tunisian Saudi Bank traverse actuellement une crise financière profonde. Les états financiers individuels et consolidés arrêtés au 31 décembre 2024, publiés avec plus de six mois de retard, font état de pertes cumulées prévues à 310 millions de dinars et de fonds propres négatifs de 126,52 millions de dinars. Le ratio de solvabilité est très inférieur aux exigences de la Banque centrale de Tunisie, et les commissaires aux comptes ont signalé une incertitude majeure quant à la continuité d’exploitation, assortissant leur rapport d’un avis avec réserves.
Sur le plan individuel, le résultat net s’est aggravé à -81,1 millions de dinars, tandis que les dépôts et les créances de la clientèle ont fortement diminué. À cela s’ajoutent des litiges en cours, des insuffisances comptables et des faiblesses du système d’information, qui compliquent davantage la situation.
Au niveau consolidé, le groupe affiche un déficit de -54,13 millions de dinars, avec plusieurs filiales en difficulté, dont la Tunisian Saudi Investment (TSI) placée sous surveillance judiciaire.
Un plan de sauvetage 2024-2028, incluant une recapitalisation de 100 millions de dinars validée par l’État, avait été prévu pour redresser la banque, mais sa mise en œuvre n’a pas encore été effective. La pérennité de TSB Bank repose désormais sur l’exécution rapide de ce programme de restructuration, essentiel pour sortir l’institution de sa vulnérabilité critique.
L’arrivée d’Ehab Youssef Lanjawi à la présidence du Conseil d’administration intervient à un moment stratégique, où le leadership, la gouvernance et le suivi rigoureux des réformes seront déterminants pour stabiliser l’institution et restaurer la confiance des déposants et des partenaires financiers.
I.N.










