La décision du ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Seniors d’élaborer un cahier des charges destiné à réglementer les garderies à domicile continue de susciter réactions et débats au sein du secteur de la petite enfance. La présidente de la Chambre nationale des jardins d’enfants et des crèches, Nabiha Kamoun Tlili, s’est exprimée à ce sujet, samedi 10 janvier 2026, soulignant les réserves des professionnels tout en reconnaissant le caractère contraignant de la réalité actuelle.
Selon elle, si les acteurs du secteur n’adhèrent pas pleinement à cette orientation, ils s’y résignent néanmoins face à une situation préoccupante marquée par la prolifération massive de garderies domestiques non déclarées, difficilement contrôlables par les autorités.
Nabiha Kamoun Tlili a expliqué, dans une intervention sur Mosaïque FM, que la généralisation de ces espaces informels avait conduit le ministère à opter pour leur encadrement juridique, dans une optique affichée de protection de l’enfant et de prévention des abus. Une décision dictée, selon elle, par l’impossibilité de surveiller efficacement des structures opérant en dehors de tout cadre légal.
Annoncé officiellement le 18 décembre 2025, le projet de cahier des charges des garderies à domicile n’en est qu’à sa phase préliminaire. Il répond toutefois, selon le ministère, à une nécessité objective, dictée par l’ampleur du déficit en structures légales. La Tunisie ne compte actuellement que 481 crèches accueillant environ 7.530 enfants âgés de deux mois à trois ans, soit à peine 1% des quelque 560.000 enfants de cette tranche d’âge.
Nabiha Kamoun Tlili estime que cette problématique aurait pu être traitée autrement, notamment par une augmentation du nombre de crèches légales, accompagnée d’une simplification des procédures de création et d’un allègement des contraintes administratives. Elle alerte également sur le fait que la configuration et l’infrastructure des garderies à domicile ne répondent pas, dans bien des cas, aux exigences spécifiques liées au développement et à la sécurité des jeunes enfants.
Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer les commissions de contrôle placées sous la supervision des gouvernorats, afin d’assurer un suivi plus rigoureux et homogène sur l’ensemble du territoire.
La réforme annoncée par le ministère intervient dans un climat de préoccupations croissantes concernant la sécurité et le bien-être des enfants. Le département a annoncé, le 8 janvier 2026, que 133 fermetures de structures illégales avaient été décidées entre janvier et octobre 2025. Ces décisions ont été prises par les gouverneurs, sur la base de rapports établis par des commissions locales de contrôle.
N.J











