La députée Fatma Mseddi a vivement critiqué, dans une publication sur Facebook, la présence d’influenceurs et d’instgarameuses tunisiens à un événement promotionnel baptisé « La Tunisie dans le ciel de Dubaï », tenu dimanche 11 janvier 2026 aux Émirats arabes unis et organisé par le rappeur tunisien Karim Gharbi, plus connu sous son nom de scène K2Rhym.
Si l’ampleur du spectacle interpelle, la parlementaire estime que le véritable problème réside ailleurs. Elle s’interroge publiquement sur les conditions financières de cette opération de communication, soulevant des questions relatives à la prise en charge des frais, à la nature des contrats conclus et au respect des obligations fiscales et de change.
« Ce qui retient l’attention n’est pas seulement l’ampleur de la mise en scène, mais surtout le fait qu’un grand nombre d’influenceuses tunisiennes aient été spécialement conviées depuis la Tunisie pour en assurer la promotion.
Dès lors, des questions légitimes s’imposent et ne sauraient être éludées :
– Qui a pris en charge les frais de voyage et d’hébergement ?
– En quelle qualité ces influenceuses ont-elles été invitées : publicité, partenariats, contrats ?
– Ces revenus ont-ils été déclarés conformément aux lois relatives au change et à la fiscalité ?
– Et surtout, ces influenceuses savent-elles que l’organisateur de l’événement, K2Rhym, fait l’objet d’un jugement judiciaire le condamnant à une peine de prison et à la déchéance de ses droits politiques ? », a-t-elle écrit.
Mais la critique va plus loin. Fatma Mseddi met en cause l’organisateur de l’événement, K2Rhym, rappelant qu’il fait l’objet d’une condamnation judiciaire assortie d’une peine de prison et d’une privation de droits politiques. Selon elle, l’utilisation des réseaux sociaux et des figures de l’influence participe à une opération de « blanchiment d’image », visant à transformer une personne condamnée dans une affaire touchant à la probité du processus électoral en symbole de réussite et de succès.
« Il ne s’agit ni d’art, ni de liberté d’expression, ni d’un divertissement anodin », a dénoncé la députée, qui voit dans cette pratique un mélange dangereux entre argent, notoriété et manipulation de l’opinion publique, au détriment de la transparence et de la vérité.
La parlementaire a appelé également à une clarification du rôle des représentations diplomatiques tunisiennes aux Émirats arabes unis. Elle s’est interrogé sur l’absence de réaction officielle face à ce qu’elle considère comme une atteinte à l’image de l’État tunisien et au respect de ses institutions judiciaires.
K2Rhym a été condamné par contumace en août 2024 à quatre ans de prison pour achat de parrainages en vue de l’élection présidentielle du 6 octobre 2024, et a été, de ce fait, écarté de la course présidentielle. Installé à Dubaï, l’ancien gendre de Zine El Abidine Ben Ali est réapparu en 2025 à l’occasion de la promotion de son film I Am K2.
L’événement promotionnel organisé dimanche s’inscrit d’ailleurs dans la continuité de l’opération de communication autour du film.

N.J











Commentaire
HatemC
Où s’arrête le rôle d’un élu et où commence la liberté privée ?
On part du principe qu’un artiste est un privé.
S’il veut inviter des amis ou des partenaires à Dubaï avec son propre argent, cela relève de la sphère privée et commerciale, pas de la politique.
Même condamné, un citoyen (ici K2Rhym) conserve le droit d’avoir des activités sociales ou artistiques.
Les influenceurs sont des citoyens libres et des citoyens majeurs.
S’ils choisissent de s’associer à une personne controversée, c’est leur image qu’ils risquent, pas celle de l’État.
On ne peut pas les punir ou les harceler parce qu’ils fréquentent quelqu’un que l’État n’apprécie pas.
Juridiquement, cette députée a le droit de poser des questions.
Moralement, on peut estimer qu’elle outrepasse ses fonctions en jetant le discrédit sur des citoyens (les influenceurs) qui n’ont, jusqu’à preuve du contraire, commis aucun crime.
Cette dame a t-elle changée de fonction pour devenir une lanceuse d’alerte..
Au fond, le vrai problème, on veut des élus qui légifèrent ou des élus qui surveillent nos comptes Instagram ? ….HC