En 2025, le déficit de la balance commerciale tunisienne s’est aggravé de 15,17% par rapport à 2024 et de 27,71% par rapport à 2023, établissant un nouveau record dépassant celui réalisé en 2019. Il a atteint -21,8 milliards de dinars à fin 2025, contre -18,93 milliards de dinars en 2024 et -17,07 milliards de dinars en 2023. Dans le même temps, le taux de couverture a poursuivi sa baisse, reculant de 2,1 points par rapport à 2024 et de 3,9 points par rapport à 2023, passant de 78,4% en 2023 à 76,6% en 2024, puis à 74,5% en 2025. Ces chiffres ont été publiés lundi 12 janvier 2026 par l’Institut national de la statistique (INS).
Échanges commerciaux : hausse des importations plus rapide que celle des exportations
Au cours de l’année 2025, les échanges commerciaux tunisiens ont atteint 63,69 milliards de dinars à l’exportation et 85,49 milliards de dinars à l’importation, enregistrant une croissance respective de +2,6% pour les exportations et +5,5% pour les importations par rapport à 2024.
Par secteurs, les exportations ont connu des performances contrastées :
- Hausse :
- Mines, phosphates et dérivés : +15%
- Industries mécaniques et électriques : +8,7%
- Baisse :
- Énergie : -30,2%, en raison notamment de la diminution des ventes de produits raffinés (1,01 milliard de dinars contre 1,84 milliard de dinars en 2024)
- Industries agro-alimentaires : -7,4%, impactées par la baisse des ventes d’huiles d’olives (4,07 milliards de dinars contre 4,86 milliards de dinars)
- Textile, habillement et cuir : -1,7%
Du côté des importations, les évolutions par groupe de produits montrent également des disparités :
- Hausse :
- Biens d’équipement : +14,4%
- Matières premières et demi-produits : +6,8%
- Biens de consommation : +11,7%
- Baisse :
- Produits énergétiques : -6%
- Produits alimentaires : -8,4%
Relations commerciales avec l’Union européenne et le reste du monde
L’Union européenne demeure le principal partenaire de la Tunisie, représentant 69,9% du total des exportations et 43,7% du total des importations.
- Exportations vers l’UE : 44,53 milliards de dinars contre 42,86 milliards de dinars en 2024, en hausse avec l’Allemagne (+10,7%), la France (+10,1%) et les Pays-Bas (+3,2%), mais en baisse avec l’Italie (-9,5%) et l’Espagne (-4,1%).
- Importations depuis l’UE : 37,32 milliards de dinars contre 35,14 milliards de dinars en 2024, en hausse avec la France (+12,1%) et l’Allemagne (+11%), mais en baisse avec la Grèce (-36,4%) et la Belgique (-17,1%).
Hors Union européenne, les importations ont progressé avec la Chine (+20,2%) et la Turquie (+14,8%), tandis qu’elles ont diminué avec la Russie (-22,3%) et l’Inde (-7,1%).
Analyse du déficit par groupe de produits
Le déficit global de la balance commerciale résulte de :
- Produits énergétiques : -11,14 milliards de dinars
- Matières premières et demi-produits : -5,86 milliards de dinars
- Biens d’équipement : -3,73 milliards de dinars
- Biens de consommation : -2,34 milliards de dinars
En revanche, le groupe alimentation a enregistré un excédent de +1,28 milliard de dinars contribuant légèrement à atténuer le déficit global.
En excluant les produits énergétiques, le déficit de la balance commerciale se réduit à -10,66 milliards de dinars, tandis que le déficit énergétique lui-même s’établit à -11,14 milliards de dinars, contre -10,87 milliards de dinars en 2024, traduisant une aggravation persistante de la dépendance énergétique tunisienne.
En résumé, l’année 2025 a été marquée par un déséquilibre croissant entre importations et exportations, accentué par la baisse du taux de couverture et les difficultés persistantes dans certains secteurs clés, notamment l’énergie et l’agroalimentaire. Ces chiffres soulignent l’urgence pour la Tunisie de renforcer sa compétitivité, diversifier ses sources d’importations et soutenir ses exportations afin de maîtriser le déficit commercial et améliorer l’équilibre extérieur.
I.N.











3 commentaires
Rationnel
« le déficit énergétique s’établit à -11,14 milliards de dinars, contre -10,87 milliards de dinars en 2024, traduisant une aggravation persistante de la dépendance énergétique tunisienne. »
La transition énergétique peut éliminer ce déficit en trois ans, à condition d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables et des véhicules électriques. La majorité des pays émergents, tels que l’Inde, la Turquie ou le Pakistan, ont déjà passé la vitesse supérieure ; le Pakistan a installé plus de 16 000 MW en 2024 et 2025. La Tunisie peut et doit suivre cet exemple. Alors qu’elle n’a installé que 100 MW en 2024, le rythme s’est accentué en 2025 avec deux projets de 100 MW, mais le pays peut facilement atteindre les 1 000 MW par an. Avec une capacité électrique installée de 5,9 GW, l’énergie peut devenir le premier produit d’exportation, notamment grâce à la connexion ElMed qui permettra à la Tunisie d’exporter massivement de l’électricité.
le financier
il faut revoir les accord avec la turquie et la Chine . et trouver un partenariat avec l algerie , les march2s gaz brent sont bas c est le moment de negocier avec eux
Gg
Comme d’habitude, on voit les pays qui profitent le plus à la Tunisie.
Et ce ne sont pas ceux que Saïed aime!
Il est bizarre cet homme…