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Kairouan : une collégienne électrocutée, le FTDES réclame une enquête indépendante

Par Sarra Hlaoui

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), section de Kairouan, a appelé à l’ouverture d’une enquête « sérieuse et indépendante » à la suite de l’électrocution d’une collégienne survenue le 15 décembre 2025 au sein du collège Abou El Kacem Chebbi, situé à Oueslatia.

Dans un communiqué rendu public mardi 13 janvier 2026, le FTDES précise que la jeune élève a été victime d’une décharge électrique après avoir marché sur des câbles électriques laissés à même le sol dans la cour de l’établissement, à la suite de travaux de maintenance alors en cours. Selon le Forum, ces fils électriques auraient été abandonnés par les responsables des travaux sans mesures de sécurité adéquates.

Une prise en charge jugée défaillante

L’organisation déplore également la manière dont l’incident a été pris en charge par l’administration de l’établissement. Bien que la victime ait informé la direction de ce qui s’était produit, elle n’aurait pas bénéficié de l’attention nécessaire, son état ayant été traité avec légèreté et sans examen médical urgent. Cette négligence aurait entraîné une détérioration de son état de santé, se traduisant notamment par des troubles du rythme cardiaque ainsi qu’une incapacité à bouger les doigts de sa main gauche et certaines parties de son corps.

Face à cette situation, la famille de la collégienne a entamé des démarches judiciaires préliminaires contre l’administration du collège, qu’elle tient pour responsable de la sécurité et de la protection des élèves au sein de l’enceinte scolaire.

Des responsabilités élargies et un malaise structurel

Le FTDES a imputé la responsabilité de cet incident à l’ensemble des parties concernées, en particulier la direction du collège Abou El Kacem Chebbi ainsi que l’entrepreneur chargé des travaux de maintenance. L’organisation a exhorté le ministère de l’Éducation et la délégation régionale compétente à prendre les mesures nécessaires pour tenir pour responsables toutes les personnes impliquées, afin d’éviter la répétition de tels drames, appelant à aller au-delà d’une simple suspension temporaire des travaux.

Le Forum estime que cet accident s’inscrit dans une série d’incidents similaires, rappelant notamment ceux survenus au lycée de Mezzouna en avril dernier, ainsi que d’autres accidents liés à l’effondrement de plafonds de salles de classe et d’écoles, en particulier dans les régions de l’intérieur et les zones rurales.

Selon le FTDES, ces événements mettent en lumière les failles profondes des politiques publiques de l’État, l’absence de véritables alternatives pour sauver le secteur éducatif, le manque de vision stratégique et l’incapacité des autorités à traduire leurs discours et slogans réformateurs en réformes concrètes sur le terrain.

L’organisation a enfin souligné que ces accidents ne sont pas des faits isolés, mais le résultat direct de la corruption, de la mauvaise gestion et de l’absence de contrôle, ainsi que des politiques d’abandon et de marginalisation de l’enseignement public, qui ont gravement affecté la qualité de l’éducation et le rendement des établissements scolaires.

S.H

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Commentaire

  1. Gg

    13 janvier 2026 | 18h49

    « …des câbles électriques laissés à même le sol dans la cour de l’établissement, à la suite de travaux de maintenance…. abandonnés par les responsables des travaux sans mesures de sécurité »

    Inouï !
    On ne laisse jamais traîner des câbles sous tension. Et si le câble avait été en bon état, la gamine aurait pu marcher dessus sans problème.
    Le chef de chantier est totalement responsable.
    C’est un meurtre par négligence…