La chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis a confirmé, à l’aube de ce mercredi 14 janvier 2026, la décision rendue en première instance dans le cadre de l’affaire « Instalingo », concernant l’ensemble des prévenus, à l’exception de la journaliste Chadha Hadj Mbarek. Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, la juridiction d’appel a décidé d’alléger sa peine, la ramenant de cinq ans de prison à deux ans avec sursis.
La même source précise que la Cour a également prononcé un non-lieu en faveur de la journaliste concernant les accusations liées à la tentative de modification de la forme de l’État, à l’incitation à l’armement entre citoyens, ainsi qu’à la provocation du désordre, du meurtre et du pillage sur le territoire national. Ces faits, qualifiés de crimes graves, relèvent des dispositions de l’article 72 du Code pénal.
En revanche, concernant les poursuites pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État, la chambre criminelle a choisi de confirmer la condamnation prononcée en première instance à l’encontre de Chadha Hadj Mbarek, tout en décidant une réduction de la peine, désormais fixée à deux ans de prison assortis du sursis.
Une affaire tentaculaire
La journaliste Chadha Haj Mbarek est poursuivie dans le cadre de l’affaire « Instalingo », du nom de la société spécialisée dans le contenu numérique basée à Kalâa Kebira (Sousse). Le dossier concerne 41 prévenus, parmi lesquels figurent des journalistes, des blogueurs, des hommes d’affaires et des responsables politiques, dont Rached Ghannouchi et Hichem Mechichi. Après une perquisition menée en septembre 2021, l’affaire a été transférée, fin 2024, au pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme.
Arrêtée en octobre 2021, Chadha Haj Mbarek avait été condamnée en première instance à cinq ans de prison pour des accusations lourdes, notamment complot visant à changer la forme de l’État, atteinte à la sûreté de l’État et outrage au chef de l’État. Son père et ses deux frères avaient également été interpellés dans le cadre de cette affaire, avant d’être remis en liberté. Selon la défense, un juge d’instruction avait ordonné sa libération et l’abandon des charges, une décision contestée par le ministère public, entraînant son maintien en détention après appel.
Parallèlement au volet judiciaire, la situation sanitaire de Chadha Haj Mbarek a suscité une vive inquiétude. Début janvier 2026, sa famille a révélé qu’elle souffrait de deux tumeurs malignes, à l’abdomen et à la poitrine, dénonçant de graves manquements dans sa prise en charge médicale en détention. Selon ses proches, son état de santé se serait fortement dégradé en prison, dans un contexte de retards de soins et de diagnostics tardifs. La journaliste nécessiterait aujourd’hui deux interventions chirurgicales urgentes, ce qui a motivé l’organisation d’un sit-in à Bab Bnet, présenté comme un appel à la mobilisation pour garantir son droit aux soins et à la vie.
R.B.H











Commentaire
zaghouan2040
Elle n’a pas reçu les soins nécessaires en dépit de sa grave maladie ; Elle est libérée juste par calcul pour éviter qu’elle ne meure en prison et les répercussions internationales qui s’ensuivraient