Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, est revenu mercredi 14 janvier 2026 sur sa décision de démissionner de la tête de la centrale syndicale. Dans une déclaration exclusive accordée à Mosaïque FM, il a affirmé avoir décidé de retirer sa démission « en réponse à la volonté de la majorité des membres de l’instance administrative », qui se sont rendus à son domicile dans la journée, selon ses propos.
Toujours selon cette déclaration, Noureddine Taboubi a estimé que l’UGTT avait traversé, depuis sa fondation, plusieurs tournants majeurs, soulignant que la priorité devait désormais aller au « rangement de la maison interne ». Il a appelé l’ensemble des responsables à tirer les leçons des erreurs et des crises afin que l’organisation ressorte « plus forte que jamais ».
Un revirement après un communiqué explosif
Ce revirement intervient au lendemain de la publication, mardi 13 janvier, d’un communiqué pour le moins lapidaire émanant du bureau exécutif national. Signé notamment par Sami Tahri et Samir Cheffi, le texte désavouait ouvertement le secrétaire général démissionnaire, allant jusqu’à lui retirer toute légitimité et à lui imputer la responsabilité de la non-tenue de la grève générale initialement prévue le 21 janvier.
Ce communiqué a illustré au grand jour l’ampleur de la fracture qui traverse actuellement la centrale syndicale.
Un retour préparé en coulisses ?
D’après les informations recueillies par Business News, Noureddine Taboubi aurait préparé son retour ce 14 janvier après avoir obtenu certaines garanties. Selon ces indiscrétions, alors que son clan s’activait à préparer un retour au siège central afin d’imposer la tenue du congrès en mars, le secrétaire général démissionnaire aurait, de son côté, multiplié les contacts téléphoniques avec des représentants sectoriels et régionaux.
L’objectif aurait été de réunir le quorum nécessaire à la tenue de l’instance administrative nationale et à la fixation officielle de la date du congrès, en contrepartie d’un retrait organisé et assorti de garanties personnelles, notamment en matière de protection contre d’éventuelles poursuites internes. Ces éléments n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation officielle.
Une crise ouverte
Pour rappel, Noureddine Taboubi avait officiellement déposé sa démission le 23 décembre 2025, une information confirmée à l’époque par le secrétaire général adjoint Sami Tahri. Cette annonce avait marqué un nouvel épisode dans une guerre intestine qui minait déjà l’UGTT, exacerbée par les désaccords autour de la grève générale du 21 janvier et de la date du congrès.
Conformément au règlement intérieur, la démission était soumise à un délai statutaire de quinze jours durant lequel elle restait suspendue. Durant cette période, plusieurs zones d’ombre ont entouré la procédure : absences du secrétaire général aux convocations officielles, flou sur la signature de la convocation à la grève générale, et silence quasi total de la direction de l’organisation.
Grève générale compromise et congrès sous tension
Dimanche 11 janvier, le secrétaire général adjoint Salaheddine Salmi avait indiqué que la démission ne deviendrait effective que le 17 janvier 2026, tout en affirmant que la grève était, dans les faits, caduque, faute de signature de la convocation par Taboubi. Il avait alors alerté sur le danger qui menace l’organisation, appelant à une réorganisation interne urgente et à la tenue d’un congrès extraordinaire.
Le retrait de la démission annoncé par Noureddine Taboubi ouvre ainsi un nouveau chapitre dans une crise qui est loin d’être refermée. Entre luttes de pouvoir, incertitudes et perte de repères institutionnels, l’UGTT se retrouve à un moment charnière de son histoire, à quelques semaines d’un congrès annoncé comme décisif pour l’avenir de la centrale syndicale.
R.B.H













Commentaire
thoura58
La crise de l’UGTT est à l’image de tout un pays qui cherche ses repères.