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Un Tunisien sur huit touché par la dépression, en forte hausse depuis 2020

Par Myriam Ben Zineb

La conscience de la santé mentale progresse en Tunisie et la stigmatisation entourant les maladies psychiques, notamment la dépression, est en net recul. C’est ce qu’a affirmé, jeudi 15 janvier 2026, le professeur agrégé en psychiatrie à l’hôpital Razi, Amine El Arnaout.

S’appuyant sur un récent rapport de World Population Review, il a indiqué que la Tunisie occupe la première place dans le monde arabe et la quatrième à l’échelle mondiale en matière de taux de déclaration des troubles mentaux, signe, selon lui, d’une meilleure reconnaissance de ces pathologies et d’une libération progressive de la parole.

Une prévalence de la dépression estimée à 13%

Le spécialiste a souligné qu’à partir de 2020, les consultations et diagnostics liés à la dépression ont connu une hausse significative. Les dernières études scientifiques estiment la prévalence de cette pathologie à environ 13% de la population tunisienne.

Pressions économiques et instabilité politique en cause

Amine El Arnaout a expliqué cette évolution par une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Si les causes héréditaires demeurent moins fréquentes en Tunisie que dans certaines régions de l’hémisphère Nord, les facteurs liés à l’environnement se sont, en revanche, accentués depuis la Révolution. Il a cité, en particulier, la détérioration des conditions économiques, les difficultés financières des ménages, les pressions sociales ainsi que l’instabilité politique, qui pèsent lourdement sur l’équilibre psychologique des individus.

Dépression et tristesse : une distinction nécessaire

Le psychiatre a rappelé que la dépression peut, dans de nombreux cas, être une affection circonstancielle, susceptible de régresser après traitement une fois la cause identifiée et traitée. Elle peut être liée au milieu professionnel ou scolaire, à un deuil, à des difficultés affectives ou à d’autres événements de vie.

Il a toutefois mis en garde contre la confusion entre tristesse passagère et dépression. La première, a-t-il précisé, ne dépasse généralement pas quinze jours. Au-delà, et lorsque les symptômes s’intensifient, l’état peut évoluer vers une véritable dépression, marquée notamment par une perte d’intérêt pour l’hygiène personnelle, un repli sur soi et une rupture des liens sociaux.

M.B.Z

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2 commentaires

  1. HatemC

    15 janvier 2026 | 16h37

    La dépression en Tunisie est largement liée à l’absence d’horizon et d’avenir.

    Le Tunisien ne souffre pas seulement :
    – de pauvreté,
    – de stress,
    – ou d’instabilité.
    Il souffre surtout de :
    – l’impossibilité de se projeter,
    – l’absence de récit collectif crédible,
    – la sensation que demain sera identique ou pire qu’aujourd’hui

  2. le financier

    15 janvier 2026 | 13h25

    ‘les pressions sociales ainsi que l’instabilité politique, qui pèsent lourdement sur l’équilibre’

    eh oui c est dur d esperer ou plutot aspirer a un avenir mais etre trop lache pour le changement ds un pays sans recit economique et politique