Invité de la matinale de Jawhara FM vendredi 16 janvier 2026, Noureddine Chemengui, ancien dirigeant syndical et porte-parole de l’Initiative syndicale pour la révision et la réforme, est revenu sur l’épisode qui a secoué l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) : la démission, puis le retour de son secrétaire général, Noureddine Taboubi. Une séquence révélatrice, selon lui, d’une crise profonde, ancienne et structurelle, qui traverse l’organisation syndicale historique.
Le responsable syndical a récusé toute lecture superficielle de cette démission, qu’il refuse de qualifier de manœuvre tactique. Pour lui, cette décision fut l’aboutissement d’un long processus de dégradation interne, « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».
Selon Noureddine Chemengui, l’UGTT vivait depuis des mois, voire des années, une crise « complexe et composite », marquée par une rupture quasi totale de la communication au sein du bureau exécutif national. « On avait atteint un stade où il n’était plus seulement difficile de travailler ensemble, mais même de se parler », a-t-il confié.
Dans ce climat délétère, le secrétaire général se serait retrouvé dans une impasse, incapable d’assurer la coordination et la gestion d’une structure de l’envergure de l’UGTT. « Comment diriger une organisation nationale, piloter un dialogue social ou préparer une grève générale, lorsque l’on ne parvient plus à gérer son propre bureau exécutif ? », a déploré M. Noureddine Chemengui.
La démission de Noureddine Taboubi apparaît ainsi, dans son analyse, comme un acte de lucidité et de responsabilité, visant à stopper une spirale conflictuelle devenue paralysante.
Le retour du secrétaire général face à un risque de paralysie totale
Revenant sur le déroulement de la grève générale initialement prévue le 21 janvier, le responsable syndical a rappelé que la décision de principe d’une grève générale émane du Conseil national, tandis que la fixation de sa date relève de l’instance administrative. Toutefois, il a mis en garde contre une vision mécaniste de l’action syndicale. « La grève n’est pas une fin en soi, mais un outil de pression au service du dialogue social », a-t-il souligné.
Or, dans un contexte de leadership fragmenté, de déclarations contradictoires et de communiqués antagonistes, Noureddine Chemengui a jugé illusoire la réussite d’un mouvement d’une telle ampleur. « Lancer une grève générale sans unité interne, c’est épuiser les structures, fatiguer la base militante et user inutilement le capital de confiance du peuple tunisien », a-t-il averti.
À cette crise politique interne s’est greffée une crise juridique et administrative : la démission d’Anouar Ben Kaddour, membre du bureau exécutif, qui a laissé l’instance amputée d’un de ses membres, sans qu’un mécanisme clair ne permette de statuer définitivement sur la situation, selon Noureddine Chemengui.
Cette vacance a eu des répercussions concrètes sur la gestion quotidienne de l’UGTT : signatures bloquées, difficultés à régler les dépenses courantes, salaires des employés, loyers et charges essentielles. « Même la gestion la plus élémentaire était devenue problématique », a-t-il déploré.
Face à ce risque de paralysie totale, lors de la réunion de l’instance administrative nationale, à laquelle ont participé une quarantaine de membres sur plus de soixante-dix, la majorité aurait estimé que le retour du secrétaire général constituait la seule issue possible pour sauver l’organisation.
« Sans lui, il aurait été impossible de convoquer le congrès », a noté M. Chemengui, soulignant que seul le secrétaire général est habilité à publier officiellement l’appel au congrès. Le maintien de la démission aurait plongé l’UGTT dans un état de blocage irréversible, rendant toute tentative de réconciliation illusoire.
Noureddine Taboubi avait officiellement déposé sa démission le 23 décembre 2025. Cette annonce avait marqué un nouvel épisode dans une guerre intestine qui minait déjà l’UGTT, exacerbée par les désaccords autour de la grève générale du 21 janvier et de la date du congrès.
Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Noureddine Taboubi, est ensuite revenu sur sa décision de démissionner, mercredi 14 janvier, en réponse à la volonté exprimée par la majorité des membres de l’instance administrative nationale, qui s’étaient rendus à son domicile au cours de la journée pour lui faire part de leur position.
Cap sur le congrès de mars 2026
Le retour de Noureddine Taboubi s’inscrit donc, selon le syndicaliste dans une perspective claire : conduire l’UGTT jusqu’à son congrès prévu pour mars 2026, afin d’y élire une nouvelle direction. Il a affirmé, en assumant pleinement la responsabilité de ses propos, que le secrétaire général sortant n’a pas l’intention de se représenter.
« Son objectif n’est pas de s’accrocher au pouvoir, mais d’assurer une transition ordonnée vers une nouvelle équipe capable de restaurer l’équilibre interne et de recentrer l’action syndicale sur les véritables urgences sociales », a-t-il assuré.
Quant à la grève générale, elle demeure, juridiquement, une option ouverte. Toutefois, la décision finale reviendra au congrès, en tant qu’instance suprême de l’organisation. « S’il la confirme, il devra réunir toutes les conditions politiques, sociales et organisationnelles pour garantir son succès. Sinon, il pourra choisir de l’abandonner », a-t-il expliqué.
Mardi, le bureau exécutif national de l’UGTT a indiqué que la grève générale serait reportée; une décision motivée par des contraintes organisationnelles majeures découlant d’une crise interne qualifiée d’inédite. Cette situation, a-t-il expliqué, faisait suite notamment à la démission soudaine du secrétaire général, Noureddine Taboubi, intervenue à un moment charnière du processus décisionnel.
Selon les explications du bureau exécutif de la Centrale syndicale, le contexte interne avait empêché le respect des procédures légales encadrant l’exercice du droit de grève, précisant qu’il n’avait pas été possible d’émettre le préavis réglementaire dans les délais requis — soit dix jours avant l’échéance prévue — en raison de la vacance à la tête de l’organisation consécutive à la démission du secrétaire général.
Noureddine Chemengui a par ailleurs révélé la mise en place d’une commission chargée de préparer des amendements majeurs au règlement intérieur de l’UGTT. Au cœur de ces réformes figure la révision de l’article 20, au centre des controverses récentes, ainsi qu’un ensemble de dispositions visant à renforcer la démocratie interne et la transparence des mécanismes décisionnels.
Pour le responsable syndical, l’enjeu aujourd’hui dépasse largement les personnes. Il s’agit de préserver une institution centenaire, pilier du paysage social tunisien, en lui redonnant cohérence, légitimité et capacité d’action, à l’heure où les dossiers sociaux s’annoncent plus brûlants que jamais.
N.J













Commentaire
ZARZOUMIA
UN BAZAR , SOUK EDALALINE , SOUK EL KHORDA , BII WOU ICHRI , IMCHI WOU IJA !!!! et vous appelez ces ***DE SYNDICALISTES !! SAHHA LIHOUM .