Le tourisme tunisien confirme son rôle stratégique dans l’économie nationale, contribuant directement à plus de 5% du PIB en 2024 et générant des dépenses record de plus de seize milliards de dinars.
L’Institut national de la statistique (INS) a publié, vendredi 16 janvier 2026, les résultats du Compte Satellite du Tourisme (CST) pour les années 2023-2024, offrant une vision détaillée de l’apport économique du secteur touristique en Tunisie.
Selon cette note, qui s’inscrit dans le cadre des normes internationales pour les comptes satellites du tourisme, le secteur continue de jouer un rôle stratégique dans l’économie nationale, tant en termes de valeur ajoutée que de contribution au Produit intérieur brut (PIB).

Une contribution économique croissante
La valeur ajoutée brute directe du tourisme (VABDT), correspondant au revenu net généré par l’industrie touristique, s’élève à 7,84 milliards de dinars en 2024, contre 7,34 milliards en 2023. Cette progression se traduit par une part de 5,2% dans la valeur ajoutée totale de l’économie nationale, légèrement supérieure à celle observée en 2023 (5,1%).
En termes de PIB direct du tourisme (PIBDT), l’industrie touristique tunisienne atteint 8,07 milliards de dinars en 2024, ce qui représente 5,1% du PIB total, contre 5% l’année précédente. Ces chiffres confirment la stabilité et la résilience du secteur, malgré les fluctuations économiques et les défis liés à la conjoncture internationale.
La demande touristique intérieure : moteur du secteur
La demande touristique intérieure, qui englobe le tourisme récepteur et le tourisme interne, s’établit à 16,12 milliards de dinars en 2024, en hausse par rapport à 14,63 milliards en 2023. Parmi ces dépenses, 11,82 milliards de dinars, soit 73,3% du total, sont attribués aux visiteurs internationaux, illustrant l’importance du tourisme récepteur pour l’économie nationale.
La répartition des dépenses révèle que l’hébergement reste le poste le plus significatif, représentant 40,1% des dépenses des visiteurs étrangers et 27% des dépenses des touristes tunisiens. L’alimentation et les boissons constituent 12,4% des dépenses réceptrices et 22% des dépenses internes. Les services de transport représentent 21,1% de la demande des visiteurs étrangers et 20% de celle des touristes locaux. Les produits non spécifiques, incluant les services et biens comme le shopping ou les services médicaux, représentent 19,3% des dépenses réceptrices et 31% des dépenses internes.

Poids global du tourisme dans l’économie
L’ensemble de la production des industries touristiques tunisiennes est estimé à 27,32 milliards de dinars en 2024, avec une valeur ajoutée brute de 15,12 milliards de dinars après déduction de la consommation intermédiaire. Le secteur contribue ainsi à hauteur de 10% à la valeur ajoutée totale des industries tunisiennes.
La part du tourisme est particulièrement élevée dans certains services spécifiques : il contribue à 98,2% de la production du service d’hébergement et à 23,4% des services de restauration et de débits de boissons. Ce poids démontre l’importance du tourisme non seulement comme moteur de croissance économique, mais aussi comme levier pour l’emploi et le développement des services associés.


Une vision stratégique pour l’avenir
Le CST permet d’apprécier le rôle du tourisme dans la consommation et la production nationales de manière cohérente et rigoureuse. Ces résultats mettent en lumière l’importance de renforcer les politiques de développement touristique, en capitalisant sur l’attractivité internationale de la Tunisie tout en consolidant le tourisme interne.
Le secteur reste un pilier essentiel de l’économie tunisienne, représentant un levier significatif pour la création de revenus et d’emplois, tout en contribuant à l’équilibre de la balance des paiements grâce aux dépenses des visiteurs internationaux. La hausse continue de la VABDT et du PIBDT illustre la capacité du tourisme tunisien à soutenir l’économie nationale et à s’inscrire dans une trajectoire de croissance durable.

I.N.











3 commentaires
HatemC
Arrêtez de nous prendre pour des billes … c’est du foutage de gueule … et tous vos graphiques pour endormir les crétins …. la vérité est ailleurs …
Chaque année, les mêmes communiqués reviennent, huilés, rassurants, presque hypnotiques.
« Le tourisme est un pilier stratégique de l’économie tunisienne. »
Les chiffres sont brandis comme des trophées :
5 % du PIB, 16 milliards de dinars de dépenses ( 5,5 milliards $, la grosse affaire et il est FAUX ), croissance, résilience, attractivité. Rideau.
Tunisie recettes totales …. 2,3 milliards de $ // Dubai 180 milliards $
Volume de visiteurs …. 11 millions // 20 millions
Dépense moyenne par touriste …. 215 €// 9 000 €
LE RATIO DE REVENUS EST FRAPPANT …
LA OU LA TUNISIE A BESOIN DE 5 TOURISTES POUR GENERER ENVIRON 1 000 $, DUBAI GENERE LE MEME MONTANT EN SEULEMENT QUELQUES HEURES VIA LA CONSOMMATION D’UN SEUL TOURISTE HAUT DE GAMME
Mais derrière cette mise en scène comptable se cache l’un des plus grands mensonges économiques de l’État tunisien ….
Le tourisme n’est pas un moteur de développement, c’est un secteur sous assistance respiratoire, maintenu en vie à coups de SUBVENTIONS, d’aveuglement politique et de renoncement stratégique.
UN SECTEUR QUI VIT AUX CROCHETS DU CONTRIBUABLE.
On parle de recettes, jamais de coûts.
Or le tourisme tunisien est l’un des secteurs les plus LOURDEMENT subventionnés du pays, sans jamais être évalué comme tel.
Électricité ? Subventionnée.
Gaz ? Subventionné.
Eau ? Bradée, dans un pays assoiffé.
Nourriture ? Subventionnée
Dettes hôtelières ? Rééchelonnées, effacées, recyclées.
Fiscalité ? Aménagée, allégée, contournée.
En clair, le Tunisien paie pour que d’autres passent leurs vacances au soleil, pendant qu’on lui explique qu’il doit “se serrer la ceinture”.
5 % du PIB : une performance médiocre maquillée en succès
5 % du PIB après plus de SOIXANTE ans de politique touristique ?
C’est censé être une victoire ?
Ce chiffre, présenté comme une réussite, est en réalité l’aveu d’un échec historique : un demi-siècle de dépendance à un secteur à faible valeur ajoutée, incapable de tirer le reste de l’économie vers le haut.
Le tourisme de masse … un modèle colonial recyclé
All inclusive, tourisme low cost, dépendance aux tour-opérateurs étrangers … la Tunisie a accepté d’être une destination bon marché, interchangeable, corvéable, sans identité économique forte.
La question que le pouvoir refuse d’affronter
La question n’est plus économique. Elle est morale et stratégique ……
Un pays pauvre, endetté, en stress hydrique, peut-il continuer à subventionner le confort des touristes pendant que sa population s’appauvrit ? HC
Judili58
Vous avez presque tout dit . Les seuls bénéficiaires de ce secteur sont les hoteliers qui en l’espace de 30 ans de 1970 à 2000 sont passés d’emprunteurs a preteurs . Durant cette période ils n’ont pas remboursé les prêts, ils n’ont pas payé les cotisations sociales de leurs salariés, ils n’ont pas déclaré tous leurs salariés, ils n’ont pas rapatrié les paiements en devises que les TO leur versaient, ils s’arrangeaient toujours pour payer mois d’impôts dans le cadre de ce qu’ils appellent « optimisation fiscale »qui n’est en fait que de l’évasion fiscale. Tout cela a été rendu possible grâce à une administration d’abord naïve et ensuite cupide et des politiques complices. Maintenant quoi faire ? Et bien tout simplement appliquer la vérité économique et tolérance zéro vis avis de la loi. Les hôteliers doivent savoir que le temps des privilèges est révolu. Le peuple a suffisamment payé pour vous et malheureusement vous n’avez pas été à la hauteur de ses sacrifices.Merci HatemC pour votre excellent commentaire.
Karim
Un autre commentaire qui fait l’Office d’un article..
Sur BN on est beaucoup informer via les commentaires que par les articles…