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Fatma Mseddi attaque la coordination pour les détenus politiques et y voit du « chantage politique »

Par Myriam Ben Zineb

La députée Fatma Mseddi a vivement réagi à l’annonce, faite le 14 janvier 2026 à Tunis, de la création de la Coordination nationale pour la libération des détenus politiques, estimant que la mise en place de telles « coordinations » en dehors du cadre légal constitue une tentative de pression sur l’appareil judiciaire et une politisation des affaires en cours.

Dans une publication postée sur les réseaux sociaux, l’élue affirme son attachement aux principes fondamentaux, se disant en faveur de la liberté en tant que valeur humaine universelle, du droit à un procès équitable, des droits de la défense et de l’indépendance de la justice. Elle se déclare en revanche opposée à toute transformation de l’institution judiciaire en « arène de chantage politique », dénonçant ce qu’elle considère comme des tentatives de « blanchiment de la corruption » sous couvert de discours de victimisation, ainsi que l’exploitation des familles et de la rue à des fins de règlements de comptes politiques.

« Le seul arbitre est la loi »

Fatma Mseddi souligne que l’existence d’une structure de soutien ne saurait, à elle seule, établir l’innocence d’une personne détenue, pas plus que l’hostilité de certains ne suffit à prouver sa culpabilité. « Le seul arbitre est la loi », insiste-t-elle, rappelant que l’État se gouverne par ses institutions et non par des coordinations parallèles.

Une coordination annoncée à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution

Cette prise de position intervient quelques jours après la conférence de presse tenue par des familles de détenus politiques et d’opinion, aux côtés de collectifs et de groupes de soutien, annonçant la création d’une Coordination nationale pour la libération des détenus politiques. Présentée comme une structure visant à unifier les efforts en faveur des personnes incarcérées pour leurs opinions ou leurs engagements politiques, associatifs, journalistiques ou humanitaires, cette initiative a été lancée à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution, ses fondateurs soulignant la charge symbolique de cette date et la plaçant sous le signe de la mémoire collective et des libertés.

Une définition élargie du « détenu politique » et une critique du cadre juridique

Les initiateurs ont adopté une définition large de la notion de détenu politique, englobant toute personne sanctionnée pour l’expression d’une opinion ou une activité jugée dérangeante par les autorités, indépendamment de son appartenance partisane. Ils ont également dénoncé l’usage de plusieurs cadres juridiques, dont la loi antiterroriste de 2015, le décret 54 et la loi de 2004 sur les étrangers, qu’ils estiment utilisés pour restreindre la liberté d’expression, l’action humanitaire et l’engagement associatif.

Une structure transversale, au-delà des clivages idéologiques

Se voulant inclusive et transversale, la coordination regroupe familles, collectifs, organisations de défense des libertés et comités de défense d’avocats, affirmant agir sans référence idéologique et avec pour objectifs le soutien aux détenus, la sensibilisation de l’opinion publique et la contestation de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la justice.

M.B.Z

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