Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, a convoqué l’instance administrative nationale à une réunion jeudi 22 janvier 2026. Selon un communiqué officiel, l’ordre du jour portera sur la poursuite des préparatifs du congrès ordinaire prévu les 25, 26 et 27 mars prochains à Tunis, ainsi que sur l’examen de la question de la grève générale.
Cette réunion intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par une crise ouverte au sommet de l’organisation et par le récent retrait de la démission de Noureddine Taboubi.
Un retour après une démission annoncée
Le 14 janvier, le secrétaire général était revenu sur sa décision de quitter la tête de l’UGTT, affirmant avoir retiré sa démission « en réponse à la volonté de la majorité des membres de l’instance administrative », lesquels s’étaient rendus à son domicile pour l’exhorter à rester en fonction. Il avait alors insisté sur la nécessité de « ranger la maison interne » et d’en tirer les leçons des crises traversées afin que la centrale en ressorte « plus forte que jamais ».
Ce revirement faisait suite à un communiqué du bureau exécutif national, publié la veille, qui avait ouvertement désavoué Noureddine Taboubi. Signé notamment par Sami Tahri et Samir Cheffi, le texte lui retirait toute légitimité et l’accusait d’être responsable de la non-tenue de la grève générale initialement prévue le 21 janvier, révélant au grand jour l’ampleur des divisions internes.
Congrès et grève au cœur des rapports de force
D’après des informations de Business News, le retrait de la démission aurait été préparé en coulisses, à travers une série de contacts avec des responsables sectoriels et régionaux afin de réunir le quorum nécessaire à la tenue de l’instance administrative et à la fixation officielle de la date du congrès. Ces démarches se seraient accompagnées de discussions autour de garanties internes.
Pour rappel, Noureddine Taboubi avait formellement présenté sa démission le 23 décembre 2025. Conformément au règlement intérieur, celle-ci était soumise à un délai de quinze jours avant de devenir effective, période durant laquelle la direction de l’UGTT a traversé une phase de flou, marquée notamment par l’absence de signature de la convocation à la grève générale et par des divergences ouvertes sur la date et la nature du congrès.
Le secrétaire général adjoint Salaheddine Salmi avait ainsi indiqué, le 11 janvier, que la grève du 21 janvier était devenue caduque et appelé à une réorganisation urgente de la centrale, évoquant même la tenue d’un congrès extraordinaire.
Une instance décisive
La réunion du 22 janvier s’annonce donc comme un moment clé. Elle devra non seulement clarifier la position de l’UGTT sur la grève générale, mais aussi entériner les modalités de préparation du congrès de mars, dans un climat de luttes d’influence et de recomposition des équilibres internes.
À quelques semaines d’un rendez-vous annoncé comme déterminant pour l’avenir de la centrale syndicale, l’instance administrative est appelée à jouer un rôle central pour tenter de refermer une crise qui a profondément ébranlé l’UGTT et mis à nu ses fragilités organisationnelles.
M.B.Z













