L’Organisation internationale pour la protection des enfants de la Méditerranée a tiré la sonnette d’alarme, dans un communiqué publié samedi 17 janvier 2026, sur la prolifération de pages et de comptes actifs sur les réseaux sociaux ciblant des mineurs tunisiens à travers des techniques d’« appâtage » numérique, de pression psychologique et de chantage. Des pratiques qui, selon l’organisation, pourraient dissimuler des crimes graves portant atteinte à l’intégrité physique et psychologique des enfants.
Des méthodes d’approche structurées et insidieuses
Selon l’ONG, des dizaines de pages et de profils, identifiés à la suite de constats directs, opèrent selon une méthodologie précise. Ils se présentent d’abord sous des apparences anodines, à travers des noms, des photos et des contenus ordinaires ou ludiques, avant d’entrer en contact privé avec des enfants et des adolescents.
Ces réseaux chercheraient à instaurer rapidement un climat de confiance, à exploiter la curiosité et le besoin d’attention des mineurs, à les isoler progressivement de leur environnement familial, puis à les orienter vers des espaces numériques fermés ou moins contrôlés. Ce processus, décrit comme un véritable mécanisme d’« enrôlement », s’accompagne de pressions psychologiques susceptibles d’aboutir à du chantage, à des formes d’exploitation ou à des traumatismes durables.
Des réseaux interconnectés et une dérive vers des pratiques criminelles
L’organisation affirme que plusieurs de ces pages sont interconnectées, parfois rattachées à des groupes ouverts ou fermés, et que certaines utilisent même des appellations de quartiers tunisiens ou des codes facilitant la mise en relation avec leurs victimes. Elle évoque également l’existence de contenus incitant à des pratiques sexuelles, traduisant, selon elle, l’implication d’individus relevant de troubles psychiques graves ou de réseaux de traite des êtres humains.
Plus alarmant encore, l’ONG fait état d’une transformation de cet espace virtuel en un marché illégal où seraient proposés des « services sexuels », avec des annonces mentionnant lieux, horaires, profils de mineurs et contreparties financières, ce qui s’apparenterait à des « bordels numériques » relayés, dans la réalité, par des intermédiaires.
Un cadre juridique clair et des plaintes déposées
L’Organisation internationale pour la protection des enfants de la Méditerranée souligne que ces faits relèvent, en droit tunisien, de crimes graves et non de simples infractions numériques. Elle rappelle que le Code de la protection de l’enfant, le Code pénal, la loi relative à la lutte contre la traite des personnes ainsi que la législation sur les crimes informatiques incriminent l’exploitation, l’appâtage, le chantage et l’atteinte à l’intégrité des mineurs, y compris lorsque les actes sont commis via des plateformes numériques.
L’ONG indique avoir déposé une plainte afin d’identifier les administrateurs de ces pages et de mobiliser les moyens techniques nécessaires à leur poursuite. Elle appelle à ce que ces contenus constituent un point de départ pour des enquêtes judiciaires approfondies, et non à de simples mesures de fermeture administrative.
Appel à une mobilisation urgente
Estimant que la protection des enfants dans l’espace numérique est devenue une question de sécurité nationale, l’organisation plaide pour un renforcement des unités spécialisées dans la cybercriminalité et une action coordonnée entre le ministère des Technologies de la communication et les services sécuritaires.
Dans son communiqué, la présidente de l’organisation, Rim Belkhedhiri, met en garde contre le risque de voir ces « crimes silencieux » se transformer en une crise sociétale majeure si aucune réponse rapide et ferme n’est apportée. Elle insiste sur le fait que les atteintes commises derrière les écrans sont aussi graves que celles perpétrées dans le monde réel, et que les enfants victimes d’appâtage en ligne sont confrontés à des séquelles psychologiques profondes et durables.
M.B.Z











Commentaire
Gg
Désormais il faut consacrer des services de police à plein temps pour débusquer ces criminels et ces pervers, enregistrer les preuves et les arrêter en flagrant délit.
Ça coûte cher, mais ça leur coûte cher aussi!