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Groenland : Trump impose 10% de droits de douane à huit pays européens et conditionne leur levée à la cession de l’île

Photo - Maison Blanche 13 janvier 2026

Par Myriam Ben Zineb

Le président américain Donald Trump a franchi un nouveau palier dans l’escalade verbale et stratégique autour du Groenland. Dans un message publié samedi 17 janvier 2026 sur son réseau Truth Social, il a annoncé l’instauration de droits de douane massifs contre le Danemark et plusieurs pays européens, qu’il accuse de mettre en péril la sécurité mondiale en s’opposant à ses projets sur ce territoire arctique. Ces taxes seraient appliquées tant qu’un accord sur « l’acquisition complète et totale du Groenland » par les États-Unis n’aura pas été conclu.

Menace commerciale et calendrier précis

Dans ce message au ton martial, Donald Trump affirme que Washington a, pendant des décennies, « subventionné » le Danemark et l’Union européenne en ne leur imposant pas de tarifs douaniers. Il estime désormais qu’« il est temps de rendre », au nom, selon lui, de la paix mondiale et de la sécurité nationale américaine.

Il annonce ainsi qu’à compter du 1er février 2026, des droits de douane de 10 % seront appliqués sur l’ensemble des produits exportés vers les États-Unis par le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande. Cette surtaxe serait portée à 25 % à partir du 1er juin 2026. Ces mesures resteraient en vigueur jusqu’à la conclusion d’un accord portant sur l’achat du Groenland par les États-Unis.

L’argument sécuritaire et la rivalité avec la Chine et la Russie

Donald Trump justifie cette démarche par des considérations géostratégiques, affirmant que la Chine et la Russie convoitent le Groenland et que seul Washington serait en mesure d’en garantir la protection effective. Il lie également cette ambition à ses projets de bouclier antimissile, évoquant un vaste système de défense, baptisé « Golden Dome », dont l’efficacité maximale, selon lui, dépendrait de l’intégration du territoire groenlandais pour des raisons d’angles de couverture et de positionnement stratégique dans l’Arctique.

Dans cette logique, le président américain présente l’acquisition du Groenland comme une nécessité historique, rappelant que plusieurs administrations américaines ont, depuis plus d’un siècle, tenté d’obtenir ce territoire, sans succès face au refus constant du Danemark.

Déploiement européen et montée en puissance militaire dans l’Arctique

Ces menaces interviennent alors que plusieurs pays européens ont récemment annoncé le déploiement de contingents militaires au Groenland, dans le cadre de l’exercice danois Arctic Endurance. La France, l’Allemagne, la Suède et la Norvège participent à cette mission de reconnaissance, destinée à évaluer les capacités de surveillance et de contrôle dans cette région devenue hautement sensible sur le plan géopolitique.

À Paris, la situation a conduit à la convocation d’un Conseil de défense à l’Élysée, au terme duquel le président Emmanuel Macron a confirmé l’envoi de militaires français spécialisés dans les conditions extrêmes. Berlin a, de son côté, annoncé l’arrivée d’une équipe de reconnaissance de la Bundeswehr, en vue de préparer d’éventuelles contributions de soutien au Danemark, notamment en matière de surveillance maritime. L’Otan a également fait état d’un renforcement de sa présence dans la zone.

Pressions américaines et crispation diplomatique

Dans son message, Donald Trump qualifie la présence européenne au Groenland de « situation extrêmement dangereuse » pour la sécurité de la planète et estime que ces pays ont engagé un niveau de risque « intenable et insoutenable ». Il conditionne explicitement la levée des sanctions commerciales à l’ouverture de négociations menant à la cession du territoire, tout en affirmant que les États-Unis restent « immédiatement ouverts » à des discussions avec le Danemark et les autres capitales concernées.

Cette sortie, d’une rare brutalité, intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions diplomatiques entre Washington et ses alliés européens, et par des inquiétudes croissantes quant à une remise en cause des équilibres stratégiques et des principes de souveraineté dans l’Arctique.

M.B.Z

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4 commentaires

  1. Vladimir Guez

    18 janvier 2026 | 17h38

    Ce serait une juste rétribution que ce bout de glace pour tout ce que les États-Unis ont fait pour ces fins de race d’européens.
    Ils ont bénéficié du Plan Marshall puis du parapluie militaire americain pendant qu’eux sombraient dans les depenses sociales, le pacifisme, le tiers mondisme et l’immigrationisme . Ils n’ont plis que leur bouche pour debiter des slogans pendant que tout le monde s’essuie les pieds sur eux .
    La Tunisie, c’est L’Europe dans 50 ans .

  2. Néjib Kaouel

    18 janvier 2026 | 11h42

    Donald Trump menace les européens qui envoient des troupes au Groenland de droits de douane. C’est une preuve de faiblesse et je vous explique pourquoi :
    1) NON, les États-Unis – ou personne d’ailleurs – ne peuvent pas imposer de droits de douane à des pays européens en particulier. L’Union Européenne et son marché unique signifient qu’il serait très facile de faire réexpédier des produits danois par un autre port européen « non tarifé » sans difficultés majeures. Bref : si Donald veut s’en prendre à l’Europe, il devra affronter le bloc entier.
    2) La justice américaine devrait TRÈS probablement réduire la possibilité d’imposer unilatéralement des droits de douane par le président américain dès la semaine prochaine, réduisant à néant le coeur de sa politique commerciale.
    3) Cette réaction nous indique deux choses :
    -> OUI, c’est bien la preuve que le déploiement symbolique de troupes européennes FONCTIONNE puisqu’il veut désespérément les faire rappeler. Il sait que d’envoyer des soldats américains se faire tuer au Groenlandais serait politiquement suicidaire et que même sa majorité ne le suivrait pas. Les européens ont très bien réagi et il est en train de paniquer.
    -> Si le risque, c’est des droits de douane un poil plus élevés sur quelques mois en échange d’humilier la première puissance mondiale, j’achète.
    L’Europe doit sortir les crocs. Que ce soit face à l’Amérique ou la Chine. Le Groenland, c’est l’Europe. L’Ukraine, c’est l’Europe.
    De plus, la suspension de délivrance de visas qui touche une flopée de pays dont la Tunisie, devrait nous inciter à boycotter la Coupe du Monde de Football du mois de Juin.

  3. HatemC

    17 janvier 2026 | 19h55

    L’Europe est dans une position délicate …
    – Refuser Trump frontalement, c’est risquer des sanctions économiques et perdre du terrain stratégique ;
    – Céder, c’est perdre une part de souveraineté symbolique sur le Groenland et montrer des failles face à Washington.
    Mais existe t-il quelques stratégies pour une “porte de sortie honorable pour l’Europe » …?

    La sortie honorable pour l’Europe consiste à transformer le bras de fer en partenariat, je rejoins la vision de notre ami Gg …

    Plutôt que céder le Groenland, elle peut offrir coopération stratégique et avantages économiques, l’Europe se dégage d’un affrontement direct avec Trump et positionne le Groenland comme zone de sécurité collective.

  4. HatemC

    17 janvier 2026 | 19h36

    Ce développement marque un tournant inédit dans la politique étrangère de Trump, qui combine désormais pression économique et ambitions territoriales directes.
    Le message est clair … la sécurité arctique et le contrôle stratégique du Groenland sont prioritaires pour Washington, au point de conditionner ses relations commerciales avec l’Europe.

    La réaction européenne apparaît, à première vue, contradictoire et difficilement compréhensible.

    D’un côté, les États européens dénoncent la politique russe et imposent sanctions et mesures économiques à Moscou23 ; de l’autre, ils refusent de collaborer avec les États-Unis sur la protection stratégique du Groenland, territoire clé face à l’expansion chinoise et russe dans l’Arctique.
    Cette position semble refléter une incohérence entre les objectifs sécuritaires et la diplomatie économique européenne, laissant la voie libre à Washington pour redéfinir les rapports de force arctiques.

    Le message de Trump est limpide … si vous ne cédez pas, vous payez.
    Si vous ne comprenez pas le jeu géopolitique, vous êtes sanctionnés.
    Et pourtant, l’Europe continue d’agiter ses chartes et ses principes, comme si les menaces pouvaient être contrées par de beaux discours et des sanctions sélectives ….

    La naïveté européenne devient presque comique…

    L’Europe peut continuer ses sermons et ses postures, mais sur le terrain stratégique, elle se fait doubler par Trump, la Chine et la Russie. ….HC