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Après les arrestations en Libye, un début de dénouement pour les Tunisiens détenus

Par Myriam Ben Zineb

Une partie des citoyens tunisiens originaires de la délégation de Ben Guerdane, récemment interpellés en Libye, ont commencé à être libérés, a annoncé samedi 17 janvier 2026 le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme, Mostafa Abdelkebir.

Dans un post publié sur les réseaux sociaux, il a indiqué que « certains d’entre eux ont été libérés aujourd’hui », ajoutant que d’autres devraient regagner la Tunisie dès le lendemain, selon les informations obtenues auprès des autorités libyennes. « Les autres fils de Ben Guerdane encore détenus, une partie devrait rentrer demain, en principe, d’après nos échanges avec nos frères libyens », a-t-il précisé.

Des interpellations officielles, loin de la thèse de l’enlèvement

Environ quinze Tunisiens avaient été interpellés ces derniers jours par des éléments des forces de sécurité libyennes. Contrairement aux rumeurs évoquant des enlèvements ou des actes de séquestration, Mostafa Abdelkebir avait affirmé, hier, qu’il s’agissait d’opérations menées par des autorités sécuritaires officielles, dans un cadre connu et identifié.

Selon lui, les personnes concernées ont été arrêtées au niveau des postes frontaliers, en possession de leurs documents d’identité, et pour des motifs essentiellement liés à l’activité commerciale transfrontalière. « Nous savons où ils sont détenus, par quelles autorités et pour quelles raisons. Il ne s’agit donc ni d’un enlèvement ni d’une détention arbitraire au sens strict », a-t-il souligné.

Des infractions commerciales requalifiées en affaires pénales

Le président de l’Observatoire a expliqué que les Tunisiens interpellés sont impliqués dans des échanges commerciaux courants entre les deux pays. Il a toutefois relevé un durcissement récent de l’application de la loi par les autorités libyennes, conduisant à assimiler certaines pratiques à de la contrebande ou à des infractions douanières, alors qu’il s’agirait, dans de nombreux cas, de simples manquements administratifs.

Il a dénoncé le recours à la détention pour ce type d’infractions, qu’il juge disproportionné. « Ces faits devraient donner lieu à des procès-verbaux, à des amendes ou à la saisie de marchandises, mais pas à l’incarcération des personnes », a-t-il estimé.

Une situation plus large de Tunisiens détenus en Libye

Au-delà de ces interpellations récentes, Mostafa Abdelkebir a attiré l’attention sur la situation globale des Tunisiens incarcérés en Libye. Selon ses déclarations, entre 35 et 40 ressortissants tunisiens seraient actuellement en détention provisoire, dans l’attente de leur jugement, certains faisant face à des reports répétés d’audience. D’autres auraient même purgé leur peine sans être libérés.

Il a également pointé les difficultés d’accès à l’assistance juridique et la lenteur des procédures d’aide judiciaire, tout en jugeant insuffisante l’intervention diplomatique tunisienne sur ce dossier.

En conclusion, le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme a appelé à une action de haut niveau des autorités tunisiennes auprès de leurs homologues libyennes, afin d’accélérer les procédures, d’assurer la libération des personnes concernées et de garantir un traitement conforme au droit et aux accords bilatéraux liant les deux pays.

M.B.Z

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