Invité lundi 19 janvier 2026 sur Jawhara FM, le député à l’Assemblée des représentants du peuple et assesseur du président chargé de la gestion générale , Jalel Khedmi, a livré un témoignage empreint de gravité sur la situation de la filière de l’huile d’olive. Ancien membre de la commission de l’agriculture durant l’une des périodes les plus difficiles du secteur, il reconnaît quelques signaux d’amélioration, mais estime que le cœur du problème demeure intact. « Chaque goutte d’huile est le fruit d’un effort immense », a-t-il rappelé, évoquant le labeur pénible des agriculteurs, souvent livrés à eux-mêmes, sans réel accompagnement de l’État.
Un prix de référence déconnecté du terrain
Au centre de ses critiques : la décision conjointe des ministères de l’Agriculture et du Commerce fixant un prix de référence de 10,200 dinars le litre. Pour Jalel Khedmi, ce chiffre reste largement théorique. Dans la réalité, explique-t-il, les huileries, sous la pression des négociants et des exportateurs, achètent l’huile entre 8 et 8,5 dinars. Un écart qui vide la mesure de sa substance et place les producteurs dans une situation intenable.
Transactions bloquées, récoltes bradées
Ce décalage entre le prix officiel et le prix réellement pratiqué crée, selon lui, un climat de blocage. Les agriculteurs hésitent à vendre à des tarifs qu’ils jugent injustes, surtout après l’annonce d’un prix de référence plus élevé. Résultat : ralentissement des opérations de trituration, retards dans les exportations et volumes effectivement commercialisés en baisse. Pendant ce temps, le consommateur tunisien continue d’acheter son litre d’huile entre 10 et 12 dinars, selon la qualité, sans que cette valeur ne se reflète dans la rémunération du producteur.
Une consommation nationale marginale
Jalel Khedmi est également revenu sur la structure de la demande intérieure. Se référant aux chiffres avancés par le ministre de l’Agriculture, il a rappelé que chaque Tunisien consomme en moyenne trois litres d’huile d’olive par an. À l’échelle nationale, cela représente environ 36 mille tonnes, soit à peine 13 % de la production. Autrement dit, près de 87 % de la récolte est destinée aux marchés extérieurs.
Le paradoxe d’un produit d’excellence vendu à bas prix
C’est là, selon lui, l’une des grandes contradictions de la filière. L’huile d’olive tunisienne, régulièrement primée dans les concours internationaux et reconnue pour sa qualité, figure pourtant parmi les moins chères sur les marchés mondiaux, autour de trois à 3,5 euros le litre, loin des niveaux atteints par d’autres pays producteurs. Le député évoque l’emprise de puissants lobbys, en Europe comme en Tunisie, qui dominent les circuits commerciaux et contribuent à maintenir ce produit d’exception à des prix qu’il juge anormalement bas.
Derrière les chiffres et les mécanismes de marché, Jalel Khedmi a surtout voulu rappeler une réalité humaine : celle d’agriculteurs qui peinent, saison après saison, à vivre dignement du fruit de leur travail, alors même que l’huile d’olive tunisienne rayonne à travers le monde.
M.B.Z














Commentaire
le financier
les solutions existent et si vous ne les connaissez pas , faites appel aux gens qui savent