La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis a décidé, lundi 19 janvier 2026, de reporter l’examen de l’affaire dite de « complot 2 » au 2 février.
Ce renvoi, qualifié de définitif, a été prononcé afin de permettre à la juridiction de statuer, après l’audience, sur une demande de mise en liberté concernant l’un des accusés, selon la Tap.
Cette affaire s’inscrit dans un dossier judiciaire lourd et sensible, dont les premières décisions ont été rendues en première instance par la chambre criminelle spécialisée du Tribunal de première instance de Tunis en juillet 2025.
Les peines prononcées variaient alors selon le statut des prévenus : entre douze et quatorze ans de prison pour les accusés placés en détention ou bénéficiant d’une remise en liberté conditionnelle, et jusqu’à 35 ans de réclusion pour ceux jugés en état de fuite.
Parmi les personnalités citées dans ce dossier figurent des noms de premier plan de la scène politique et institutionnelle tunisienne, notamment Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha, Youssef Chahed, ancien chef du gouvernement, ainsi que Nadia Akacha, ex-directrice du cabinet présidentiel. Le dossier inclut également d’anciennes figures sécuritaires et politiques telles que Habib Ellouze, Kamel Guizani ou Maher Zid.
D’autres prévenus, moins connus du grand public, comme Sawsen Maalej ou Hattab Slama, apparaissent dans un dossier dont la composition intrigue par la diversité des profils concernés.
L’affaire de « complot 2 » s’inscrit dans une série de procédures judiciaires visant des personnalités réputées pour leur opposition au régime, mais également des individus sans notoriété politique apparente. L’enquête a été ouverte en mai 2023, tandis que le procès s’est tenu à partir du 6 mai 2025, faisant de ce dossier la deuxième affaire de ce type portée devant la justice.
À l’instar d’autres dossiers qualifiés de sensibles, cette affaire demeure entourée d’une forte opacité. Elle repose en grande partie sur des témoignages anonymes attribués à des personnes désignées sous l’identité de « X ». Les autorités judiciaires ont jusqu’ici limité leur communication sur le contenu du dossier, invoquant la gravité et la dangerosité présumées des faits, sans fournir de détails substantiels aux médias.
Les chefs d’accusation retenus sont particulièrement lourds. Ils portent notamment sur la constitution d’une entente en vue de conspirer contre la sûreté intérieure de l’État, l’incitation à commettre des actes terroristes sur le sol tunisien, l’utilisation du territoire national pour la planification et la commission d’actes terroristes, ainsi que la diffusion d’informations et la conspiration contre la sécurité intérieure.
Selon plusieurs avocats de la défense, ce dossier présente de nombreuses zones d’ombre et des incohérences similaires à celles relevées dans l’affaire de « complot 1 ». Le déroulement du procès, tenu à distance et dans des conditions qualifiées d’exceptionnelles, alimente les critiques, d’autant plus qu’il s’inscrit dans un contexte marqué par une multiplication de procédures liées au terrorisme et à la sûreté de l’État.
N.J












