Les fortes pluies qui se sont abattues sur la Tunisie ces derniers jours ont causé des dégâts considérables et des pertes humaines, notamment à Monastir où quatre décès ont été recensés. Les inondations touchent également plusieurs régions, plongeant habitants et autorités locales dans une situation critique.
Sur les réseaux sociaux, les réactions des citoyens traduisent l’inquiétude et la colère face à ce qu’ils perçoivent comme une gestion insuffisante de la crise.
La journaliste Monia Arfaoui a averti appelant à une intervention coordonnée et urgente : « La pluie continue de tomber ainsi depuis plusieurs heures, et sans intervention urgente dans certains quartiers pour pomper les eaux, qui ont atteint des niveaux effrayants, nous risquons demain une catastrophe. La situation dépasse les simples opérations de sauvetage des personnes coincées dans les eaux pour envisager l’évacuation de certains habitants des quartiers touchés. L’armée doit intervenir ! Le pire, c’est que nous ne possédons pas assez d’équipements pour pomper l’eau et la boue, ce qui est une opération technique complexe et difficile, nécessitant des moyens considérables. La soi-disant cellule de crise doit anticiper et bien évaluer la situation avant que la catastrophe ne s’aggrave et demander tôt l’aide des ‘voisins’ si nécessaire, sans arrogance ni gesticulation inutile. La vie, les biens et les moyens de subsistance des gens ne sont pas un jeu ! »

D’autres internautes ont pointé l’absence de décision officielle pour déclarer l’état de catastrophe : « Personne ne veut donc assumer la responsabilité de déclarer la catastrophe et ‘fermer’ le pays? Alors vous allez assumer la responsabilité des dommages matériels et corporels… », relève Ahlem Hachicha sur Facebook.

D’autres internautes ont choisi l’humour noir pour dénoncer la situation. Notre confrère Fatine Hafsia s’exprime ainsi : « À Tunis, des quartiers résidentiels comprenant des centaines de bâtiments et des milliers d’habitants étaient autrefois des zones agricoles, désormais transformées en ‘crocodiles’ — des coffres en ciment vendus à des centaines de milliers de dinars à ceux qui sacrifient leur vie pour acheter un ‘tombeau de la vie’. Chaque millimètre de pluie révèle le manque de respect de ces ‘crocodiles’ et de leurs soutiens pour les normes minimales d’urbanisme. Et comme toujours, à chaque pluie, on nous dit que tout va bien. »

La gestion médiatique et institutionnelle de la crise n’a pas non plus échappé à la critique. Alors que les réseaux sociaux sont inondés de vidéos et de photos mettant en scène l’ampleur des dégâts, les médias publics ont choisi le silence.
« Pendant ce temps, Tunis 7 — devenue Tunis 25 — financée avec notre argent, n’est pas là ! Pas de programmes en direct pour suivre la situation, pas de journalistes régionaux, pas de contact avec les responsables, pas d’information ni de directives pour les citoyens dans les zones rouges ! Alors que les données sur l’ouragan Harry étaient disponibles depuis environ une semaine, il aurait fallu anticiper cette situation et préparer un plan pour éviter ce qui s’est produit et réduire ses impacts ! », a écrit l’ancien député Hichem Ajbouni.

Ces témoignages reflètent l’inquiétude croissante des citoyens face aux risques liés aux intempéries et appellent à une action rapide et coordonnée des autorités.
Plusieurs gouvernorats ont été classés en vigilance rouge depuis lundi. Les cours ont été suspendus dans les écoles et les appels à la vigilance dans les zones sinistrés se sont multipliés. Sur le Grand Tunis, plusieurs lignes de transport en commun ont été interrompues.
Selon l’Institut national de météorologie, les quantités les plus élevées relevées au cours des dernières 24 heures témoignent du caractère exceptionnel de cet épisode pluvieux : 242 mm à Sayada, 230 mm à Monastir, 212 mm à Zaghouan, 206 mm à Sidi Bou Saïd, 192 mm à Moknine, 179 mm à Grombalia et 171 mm à Mornag.
Les prévisions de l’INM indiquent également que les quantités de pluie attendues au cours de cette journée de mardi varieront généralement entre 40 et 60 millimètres, pouvant localement atteindre 80 millimètres. Ces précipitations sont accompagnées, par endroits, de chutes de grêle et de rafales de vent fortes à très fortes, en particulier près des côtes et lors de la formation de cellules orageuses.
N.J













Commentaire
Gg
80mm, soit 80 litres par m² !
Que faire contre cela? Pomper? Mais où rejeter l’eau? Vous pompez, mais c’est pareil à côté.
Contre pareille tempête on ne peut rien.