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HAARP, chemtrails et plan secret : autopsie d’un emballement complotiste après les inondations

Par Rabeb Aloui

Alors que la Tunisie fait face à de graves inondations, des messages partagés sur les réseaux sociaux avancent une explication inattendue : les intempéries seraient provoquées artificiellement par des programmes secrets et des institutions internationales. HAARP, chemtrails, GIEC, plan mondial 2026-2030… Que valent réellement ces affirmations qui circulent en pleine crise ?

Depuis les dernières inondations qui ont touché plusieurs régions de Tunisie, les réseaux sociaux — en particulier Facebook — ont été envahis par des messages alarmistes. Peur, colère, incompréhension et sentiment d’abandon dominent les réactions des internautes. Dans ce climat de choc et de vulnérabilité, certains contenus affirment que ces intempéries ne seraient pas naturelles, mais le résultat d’un complot international.

Parmi les publications les plus partagées, on peut lire que « HAARP a été déclenché en Tunisie », que les « chemtrails » seraient utilisés pour manipuler le climat, ou encore que des institutions comme le GIEC ou la DARPA participeraient à un plan secret mondial pour la période 2026-2030, avec la complicité des autorités tunisiennes. Ces affirmations, bien que spectaculaires, relèvent des théories du complot répandue et ne reposent sur aucun élément vérifiable.

HAARP : un programme scientifique détourné par les théories du complot

Le programme HAARP, souvent cité dans ce type de discours, est régulièrement détourné de sa véritable fonction. En réalité, HAARP (High Frequency Active Auroral Research Program) est un programme de recherche scientifique américain destiné à étudier l’ionosphère, une couche très élevée de l’atmosphère, bien au-delà de la zone où se forment les nuages, les pluies ou les tempêtes.

Son objectif est de mieux comprendre certains phénomènes liés aux communications radio et à la physique de l’atmosphère, et non de modifier le climat ou de provoquer des catastrophes naturelles. Les informations officielles sur HAARP sont publiques et accessibles via des sources scientifiques.

L’idée selon laquelle des phénomènes météorologiques extrêmes seraient « fabriqués » par HAARP revient régulièrement lors de séismes, de sécheresses ou d’inondations à travers le monde. Elle repose sur une méconnaissance des ordres de grandeur en jeu dans le climat. Les scientifiques expliquent que l’énergie produite par HAARP est infinitésimale comparée à celle libérée par un système météorologique naturel, ce qui rend toute manipulation climatique impossible.

Chemtrails : des traînées de condensation transformées en mythe

Les publications virales évoquent également les « chemtrails », présentés comme des substances chimiques pulvérisées par avion pour contrôler la population ou modifier le climat. Là encore, il s’agit d’une théorie du complot bien connue.

Ce que les internautes observent dans le ciel correspond en réalité à des traînées de condensation, appelées contrails, formées lorsque la vapeur d’eau issue des moteurs d’avion se condense et gèle à haute altitude. Ce phénomène est parfaitement expliqué par la physique de l’atmosphère et n’implique aucun produit chimique secret.

BN Check a déjà consacré plusieurs articles à ce sujet, démontrant l’absence totale de preuves derrière la théorie des chemtrails.

GIEC et DARPA : des institutions réelles au cœur d’amalgames trompeurs

Dans ces messages, des institutions scientifiques comme le GIEC sont également citées de manière trompeuse. Or, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat est un organisme des Nations unies chargé d’évaluer l’état des connaissances scientifiques sur le changement climatique, à partir de milliers d’études publiées et examinées par des experts du monde entier.

Ses rapports sont publics, transparents et accessibles, et ne contiennent aucun « plan secret » visant à provoquer des catastrophes.

Assimiler le GIEC ou la DARPA à des instruments de manipulation climatique relève d’un amalgame classique des récits complotistes, qui mêlent des noms d’institutions réelles à des intentions imaginaires, sans aucun fondement.

Un épisode météorologique extrême aux causes bien identifiées

Les fortes intempéries enregistrées ces derniers jours en Tunisie s’inscrivent dans le cadre du passage de la tempête méditerranéenne baptisée « Harry », un système dépressionnaire actif formé sur le bassin central de la Méditerranée. Ce type de phénomène se caractérise par une chute rapide de la pression atmosphérique, des masses d’air instables et un important apport d’humidité, favorisant des pluies intenses et parfois durables. En se déplaçant vers le sud, cette dépression a concerné successivement plusieurs régions d’Italie, de la Sicile puis du Maghreb, provoquant localement des précipitations exceptionnelles, des vents soutenus et des inondations.

En réalité, les inondations en Tunisie s’expliquent par des facteurs bien documentés épisodes de pluies intenses, dérèglement climatique, vulnérabilité des infrastructures, urbanisation mal planifiée et absence de systèmes efficaces de gestion des eaux. Le changement climatique augmente la fréquence et l’intensité des événements extrêmes, un constat largement confirmé par la communauté scientifique internationale.

Verdict BN Check : ❌ Faux

Les affirmations selon lesquelles HAARP aurait été déclenché contre la Tunisie, que des chemtrails seraient utilisés pour provoquer les inondations ou qu’un projet secret 2026-2030 serait en cours sont fausses. Aucun élément scientifique ou factuel ne vient étayer ces accusations. Il s’agit de récits complotistes classiques, diffusés dans un contexte de crise pour alimenter la peur et la défiance.

R.A.

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2 commentaires

  1. Larry

    21 janvier 2026 | 12h49

    Chez les nords africains, c’est toujours de la faute des autres pour masquer notre incompétence !….
    La théorie du complot, toujours à la mode chez nous !…
    Il faut ouvrir les yeux… à l’attention des abrutis qui écrivent de telles niaiseries….

    • Gg

      21 janvier 2026 | 15h45

      Les sionistes, voyons, les sionistes!
      Hhhhĥhhhh…. !!