Dans un post publié mercredi 21 janvier 2026, Mongi Souab a de nouveau tiré la sonnette d’alarme sur l’état de santé de son frère, l’avocat et ancien magistrat Ahmed Souab, détenu depuis plus de neuf mois et soumis au régime appliqué aux personnes poursuivies en vertu de la loi antiterroriste. Le message dresse un tableau préoccupant d’une situation médicale et humaine qui, selon ses proches, ne cesse de se détériorer.
Selon ce témoignage, Ahmed Souab, incarcéré depuis le 21 avril 2025, s’apprête à passer son 69e anniversaire en détention, le 21 février prochain. Son état de santé s’est aggravé au point qu’il prend désormais une dizaine de médicaments par jour. Mongi Souab évoque une dégradation continue, un recours de plus en plus rare à l’hôpital pour des raisons à la fois logistiques et psychologiques, ainsi que l’impossibilité récente pour sa famille et ses soutiens de lui rendre visite, en raison notamment des intempéries ayant frappé le pays. Il indique également qu’une délégation de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme n’a pas été autorisée à accéder à la prison, rappelant que son frère est placé sous le protocole réservé aux détenus qualifiés de « terroristes », en application de la loi antiterroriste.

Des alertes médicales déjà formulées par la famille
Cette nouvelle alerte intervient quelques semaines après un communiqué de la famille, publié le 6 janvier 2026, faisant état d’incidents médicaux graves survenus en détention. Les proches d’Ahmed Souab avaient alors indiqué qu’il avait été victime, la veille, de deux épisodes successifs de saignement nasal sévère. Le premier, survenu dans la matinée, avait nécessité l’intervention de l’équipe paramédicale du pavillon carcéral. Le second, plus violent, l’aurait conduit à perdre connaissance, imposant l’intervention du médecin principal de la prison de la Mornaguia ainsi que d’un cadre supérieur de la direction générale des prisons et de la rééducation.
Dans ce communiqué, la famille avait tenu à souligner le caractère « respectueux et humain » de la prise en charge par le personnel médical et pénitentiaire, tout en exprimant une vive inquiétude quant à l’évolution de son état.
Des pathologies cardiaques et un diagnostic impossible en détention
Les proches rappellent qu’Ahmed Souab souffre de maladies cardiaques chroniques, documentées dans son dossier judiciaire. Selon eux, les conditions actuelles de détention ne permettent pas de procéder aux examens nécessaires pour établir un diagnostic précis sur l’origine des malaises répétés qu’il subit. Face à cette situation, ils estiment que la responsabilité de sa sécurité et de sa prise en charge sanitaire incombe aux plus hautes autorités de l’État et à l’appareil judiciaire.
Ces préoccupations s’inscrivent dans un contexte plus large de débats sur l’état de santé de plusieurs détenus poursuivis pour des affaires à caractère politique ou d’opinion, et sur la compatibilité des détentions prolongées avec le droit à la santé et à la dignité.
Une condamnation sur fond de controverses judiciaires
Ahmed Souab a été condamné, le 31 octobre 2025, à cinq ans de prison ferme assortis de trois ans de surveillance administrative, par la chambre criminelle spécialisée du pôle judiciaire antiterroriste. Le verdict, rendu à l’issue d’une audience vivement critiquée par la défense et par plusieurs organisations de la société civile, avait suscité de nombreuses réactions.
Le comité de défense avait dénoncé des conditions de procès inéquitables : refus de l’accusé de comparaître par visioconférence, audience expéditive et impossibilité pour ses avocats de plaider. L’ancien magistrat était poursuivi pour « incitation à commettre un acte terroriste » et « atteinte à la sûreté intérieure de l’État », à la suite d’une déclaration faite en marge du procès en première instance de l’affaire dite du complot contre la sûreté de l’État, dans laquelle il avait évoqué, de manière métaphorique, l’image d’un « couteau sous la gorge » pour décrire la pression exercée, selon lui, sur les juges.
Cette métaphore avait été interprétée par l’accusation comme une menace, une lecture que de nombreux avocats et magistrats indépendants estiment infondée et politiquement motivée. À l’époque, plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains avaient qualifié la procédure de procès politique et appelé à la libération d’Ahmed Souab.
Le post de Mongi Souab, publié ce mercredi, ravive ainsi les inquiétudes autour de la situation sanitaire et judiciaire de l’ancien magistrat, et relance les interrogations sur les conditions de sa détention et le régime qui lui est appliqué.
M.B.Z














2 commentaires
ZARZOUMIA
tout le monde finira par purger la peine , autant assumer .
@Laid de Kaméléon
Tout le monde, non.
Plutôt libéré.e.s et dédommagé.e.s bien plus vite que l on ne pense.
Quant à certains laiteux zarzoumiKS, mouches à mer*de dhoubabiKS chmetatiKS, Kaniches gardiens du chenil et autres naoufélons minables de la ménagerie mollahrdeuse ZaifouniK…
Assurément.
Le temps des ultimes et baveux « slurps-slurps » zarzoumiKS finaux qu’il faudra aussi assumer.
Tic, tac, tiKS, taKS…
LIBERTE DIGNITE DE TRAITEMENT ET SOLIDARITE POUR SOUAB AINSI QU’ AUX CENTAINES DE DETENU.E.S POLITIQUES COMME D’ OPINIONS SANS EKSCEPTIONS !