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Borhen Bsaies et Mourad Zeghidi condamnés à trois ans et demi de prison

Par Myriam Ben Zineb

La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a rendu, jeudi 22 janvier 2026, son verdict dans l’affaire visant les journalistes Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies. Les deux journalistes ont été condamnés à trois ans de prison pour blanchiment d’argent et à six mois supplémentaires pour des infractions fiscales, dans un dossier distinct de celui ayant conduit à leur première incarcération.

Selon une source judiciaire citée par l’agence de presse Tap, la chambre a également prononcé des amendes à l’encontre des deux journalistes, en plus de la confiscation de leurs avoirs ainsi que de la saisie des parts sociales des sociétés dont ils sont actionnaires, au bénéfice du trésor public tunisien.

Présentés en état de détention, les deux journalistes avaient comparu dans la journée devant la chambre criminelle pour répondre d’accusations de fraude et d’évasion fiscales, sur fond de soupçons d’irrégularités financières. À l’issue de l’audience, la justice avait mis l’affaire en délibéré avant de prononcer, dans l’après-midi, la peine cumulée de trois ans et demi de prison.

RSF dénonce un « acharnement judiciaire »

La veille du jugement, Reporters sans frontières (RSF) avait publié un communiqué dénonçant ce qu’elle qualifie d’« acharnement judiciaire » à l’encontre des deux journalistes, emprisonnés depuis mai 2024. L’organisation rappelle qu’ils avaient initialement été arrêtés pour « diffusion de fausses nouvelles » après avoir critiqué des décisions politiques, avant d’être maintenus en détention sur la base de nouvelles accusations de « blanchiment d’argent ».

Deux dossiers successifs et près de vingt mois de détention

Arrêtés le 11 mai 2024 en même temps que l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies avaient été condamnés en appel, le 26 juillet 2024, à huit mois de prison pour « diffusion de fausses nouvelles », en vertu du décret-loi 54.

Alors qu’ils purgeaient encore cette peine, de nouveaux mandats de dépôt avaient été émis début décembre 2024, cette fois sur la base de la législation relative au terrorisme et au blanchiment d’argent. La défense a, à plusieurs reprises, soutenu qu’il s’agissait d’un dossier dépourvu de preuves solides, fondé sur des irrégularités fiscales qui auraient pu être traitées en liberté. Le 5 janvier dernier, la chambre criminelle avait rejeté une demande de libération conditionnelle.

M.B.Z

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