Dans une publication virulente, l’ancien député Hichem Ajbouni a dénoncé ce qu’il qualifie de politique d’« injustice et d’affamement » visant l’ancien magistrat Ahmed Souab, actuellement incarcéré à la prison de la Mornaguia. Il affirme que, depuis son arrestation, la famille a présenté plusieurs demandes à la justice afin d’obtenir l’autorisation d’envoyer un huissier notaire à l’établissement pénitentiaire pour établir une procuration au profit de son épouse. Cette procuration devait lui permettre de gérer la pension de retraite de son mari, ancien juge au Tribunal administratif. Toutes ces requêtes auraient été rejetées déplore son fils Saeb Souab.
Dans son post, l’ancien député s’indigne qu’un magistrat ayant « consacré toute sa carrière à la justice » soit, non seulement condamné et détenu, mais que son épouse soit, en plus, empêchée d’accéder légalement à sa pension pour faire face aux charges du quotidien. Il rappelle que les familles de détenus supportent des dépenses importantes liées à la détention, notamment la préparation des colis alimentaires, l’argent de cantine, les vêtements, les frais de déplacement vers la prison ainsi que l’achat de livres et de produits de première nécessité.

Une condamnation très contestée
Pour rappel, Ahmed Souab a été condamné, le 31 octobre 2025, à cinq ans de prison ferme assortis de trois ans de surveillance administrative, par la chambre criminelle spécialisée du pôle judiciaire antiterroriste. Le verdict avait été rendu à l’issue d’une audience vivement critiquée par la défense et par plusieurs organisations de la société civile.
Le comité de défense avait dénoncé des conditions de procès jugées inéquitables, évoquant notamment le refus de sa comparution par visioconférence, le caractère expéditif de l’audience et l’impossibilité pour ses avocats de plaider. L’ancien magistrat était poursuivi pour « incitation à commettre un acte terroriste » et « atteinte à la sûreté intérieure de l’État », à la suite d’une déclaration faite en marge du procès en première instance de l’affaire dite du complot contre la sûreté de l’État, dans laquelle il avait utilisé, de manière métaphorique, l’image d’un « couteau sous la gorge » pour décrire la pression exercée, selon lui, sur les juges.
Cette métaphore avait été interprétée par l’accusation comme une menace, une lecture contestée par de nombreux avocats et magistrats indépendants, qui y ont vu une interprétation infondée et politiquement motivée. À l’époque, plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains avaient qualifié la procédure de procès politique et appelé à la libération d’Ahmed Souab.
M.B.Z













2 commentaires
ZARZOUMIA
à bien lire comme tout autre citoyen et SANS EXCEPTION .
ZARZOUMIA
ya si ajbouni , concernant la procuration de la pension de retraite pour l’épouse de détenu ceci est TOUT A FAIT NORMAL ,, par contre ya ajbouni vous écrivez (( que non seulement un ancien juge soit condamné et détenu )) c’est ZALKA ya si ajbouni !! ce Monsieur n’est pas au dessus de la mêlée , il est justiciable comme tout autre citiyen et SANS EXPETION .