Dans un communiqué rendu public samedi 24 janvier 2026, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a dénoncé une atteinte grave et systémique aux droits fondamentaux et a alerté sur les conséquences humaines des récentes inondations, appelant les autorités à adopter sans délai des mesures urgentes, concrètes et durables afin de protéger la vie, la dignité et la sécurité des populations touchées, en particulier les plus vulnérables.
Les précipitations exceptionnelles qu’a connu la Tunisie entre lundi et mardi 20 janvier 2026 ont provoqué des inondations et des crues soudaines dans plusieurs régions du pays. Ces intempéries ont engendré des conséquences humaines dramatiques, touchant de plein fouet les populations les plus vulnérables et marginalisées en particulier.
Soulignant que ces événements ont, une fois de plus, mis en lumière la fragilité alarmante des infrastructures et l’absence de politiques préventives efficaces, la LTDH a déploré la situation des sinistrés qualifiée de violation manifeste des droits économiques, sociaux et environnementaux que l’État tunisien s’est pourtant engagé à garantir en vertu de la Constitution et des conventions internationales qu’il a ratifiées.
Selon la LTDH, ce qui s’est produit ne saurait être réduit à une simple catastrophe naturelle. Il s’agit, pour l’organisation, du résultat direct d’années d’accumulation de négligences, de défaillances dans la planification environnementale et urbaine, de l’absence d’entretien régulier des réseaux de drainage, de la dégradation avancée des infrastructures, ainsi que d’un manque criant de préparation et de réactivité des autorités pour protéger les populations, notamment dans les zones les plus défavorisées.
Exprimant sa profonde solidarité avec les familles des victimes et l’ensemble des personnes sinistrées, la LTDH a affirmé qu’elle tenait les autorités publiques pour pleinement responsables de la protection des citoyens, de la sauvegarde de leurs vies et de la garantie de leurs droits fondamentaux, sans aucune forme de discrimination.
Elle a, dans ce sens, appelé à une intervention urgente et effective afin d’assurer l’aide humanitaire immédiate, la mise à disposition de logements temporaires sûrs, l’accès à l’eau potable, aux soins de santé, ainsi qu’un accompagnement psychologique et social pour les personnes touchées.
Elle a réclamé également l’ouverture d’enquêtes sérieuses, indépendantes et transparentes pour identifier les manquements, établir les responsabilités et prévenir toute forme d’impunité, réaffirmant la nécessité d’adopter des politiques préventives durables, fondées sur une réforme en profondeur des infrastructures, une révision des choix d’aménagement du territoire et une approche basée sur les droits humains dans la gestion des catastrophes et l’adaptation aux changements climatiques.
L’organisation a appelé à traiter cette crise avec le sérieux et la responsabilité qu’elle exige, loin des discours populistes et des solutions improvisées, afin de protéger la vie et les droits des citoyens et citoyennes notant que la préservation de la dignité humaine ne saurait être un choix circonstanciel, mais constitue une obligation juridique et morale impérative.
N.J










