Le bureau exécutif de la Fédération générale du transport relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a publié, samedi 24 janvier 2026, un communiqué alarmant sur la situation du secteur du transport public, mettant en lumière ce qu’elle a qualifié de « lourds sacrifices consentis par ses agents, en tout temps et dans tous les domaines, au service du citoyen. »
Soulignant que ces sacrifices ne sont nullement reconnus au sein de la Société des transports de Tunis (Transtu), où sont mises en œuvre des politiques administratives en totale contradiction avec le choix de l’État social, la Fédération a affirmé que ces orientations se traduisaient concrètement par une atteinte aux acquis des agents, un désengagement vis-à-vis des accords conclus et un approfondissement de la crise sociale au sein de l’entreprise.
Dans son communiqué, l’organisation a ajouté que le climat social avait atteint un niveau critique, notamment en raison du non-respect du procès-verbal du 19 mai 2025, en violation manifeste d’engagements pourtant signés. Elle a dénoncé, dans ce sens, un mépris inacceptable du processus de négociation, de la partie syndicale et des milliers d’agents qui attendaient la concrétisation des accords conclus.
Elle a également fustigé les atteintes portées aux acquis sociaux, en particulier le non-paiement des arriérés relatifs aux bons de restauration, laissés sans règlement. Une situation jugée injustifiable.
Dans le même contexte, la Fédération a insisté sur la nécessité de procéder à l’actualisation de la grille des heures supplémentaires à hauteur de 10%, sur la base de la grille salariale de 2021, à compter de janvier 2026, comme cela a été appliqué les années précédentes.
Selon elle, cette mesure est un droit acquis, fondé sur des mécanismes établis et ne souffrant d’aucun recul ni interprétation administrative en dehors des accords signés. Le gel de cette actualisation constitue une atteinte directe au pouvoir d’achat et une politique d’épuisement du personnel sans contrepartie équitable, a déploré la Fédération.
Évoquant la situation de la coopérative, l’organisation a rappelé que cette structure indépendante ne répondait plus aux besoins des agents, ni sur le plan social ni en matière de prise en charge des frais de soins. L’absence de soutien réel l’a plongée dans une situation critique, dont les répercussions négatives pèsent lourdement sur les agents de l’entreprise, transformant un acquis social en facteur de fragilisation, lit-on dans le communiqué.
La Fédération a réitéré que les politiques actuelles de la direction générale de Transtu étaient loin du modèle de l’État social, en s’attaquant aux acquis au lieu de les protéger, en faisant supporter aux agents le coût des dysfonctionnements et en traitant les droits comme de simples privilèges susceptibles d’être gelés ou supprimés.
Notant qu’elle tient la direction générale pour entièrement responsable de la détérioration de la situation, l’organisation a réclamé l’application immédiate du procès-verbal du 19 mai 2025, le respect des acquis sociaux – en tête desquels les bons de restauration –, l’actualisation légale et équitable de la grille des heures supplémentaires, une réforme en profondeur de la coopérative, ainsi que la garantie du droit à l’accès aux soins, sans humiliation ni tergiversation.
N.J










