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Chauves-souris, virus Nipah et risque sanitaire : les explications de Rim Abdelmalek

Par Myriam Ben Zineb

Alors que des informations faisant état de nouveaux cas du virus Nipah en Inde et de mesures de quarantaine ont suscité de nombreuses interrogations sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux, la professeure Rim Abdelmalek, spécialiste en maladies infectieuses et en médecine préventive, a apporté des éclaircissements, mardi 27 janvier 2026, sur les ondes d’Express FM.

Une transmission liée aux chauves-souris

Mme Abdelmalek a rappelé que le virus Nipah est une zoonose dont le réservoir naturel est une espèce bien précise de chauves-souris frugivores. La contamination de l’être humain se fait essentiellement par la consommation d’aliments ou de boissons souillés par les sécrétions de ces animaux, notamment la salive, l’urine ou les excréments. Dans certaines régions d’Asie, les chauves-souris se posent sur les palmiers ou les arbres fruitiers, contaminant la sève ou les fruits parfois consommés directement.

Des foyers limités depuis près de trente ans

Depuis sa première identification en 1998, le virus a provoqué plusieurs épidémies de faible ampleur en Asie du Sud et du Sud-Est, notamment en Inde, au Bangladesh, aux Philippines et en Thaïlande. « En près de trente ans, le virus n’a jamais quitté cette zone géographique », a souligné la spécialiste, expliquant que son cycle naturel reste étroitement dépendant de la présence de son réservoir animal.

Concernant la situation actuelle en Inde, elle a indiqué que le pays enregistre de manière épisodique quelques cas isolés. Après deux ou trois cas observés durant l’été, le nombre serait récemment passé à cinq. Des personnes ayant partagé la même alimentation ou le même lieu de vie peuvent être porteuses du virus sans présenter de symptômes, ce qui justifie la mise en place de mesures de surveillance et d’isolement afin d’éviter toute propagation locale.

Une transmission interhumaine possible mais rare

Rim Abdelmalek a précisé que la transmission de l’homme à l’homme est scientifiquement documentée, mais qu’elle demeure difficile et limitée, survenant le plus souvent au sein d’un même foyer familial ou en milieu hospitalier en cas de non-respect des protocoles de protection.

Elle a insisté sur le fait que, selon les connaissances actuelles, le virus Nipah ne présente pas les caractéristiques d’un agent susceptible de provoquer une pandémie mondiale. « Pour qu’un virus s’adapte pleinement à l’homme et se transmette facilement d’une personne à une autre, il faut un long processus évolutif », a-t-elle expliqué.

Un virus sous haute surveillance internationale

Classé parmi les agents pathogènes sous étroite surveillance par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le virus Nipah fait l’objet d’un suivi continu en raison de son potentiel évolutif. Depuis 2024, les pays concernés ont renforcé les dispositifs de prévention, de dépistage et de quarantaine dès l’apparition de cas, afin d’empêcher toute adaptation qui faciliterait sa transmission interhumaine.

En conclusion, la spécialiste a souligné que le Nipah est un virus ancien, principalement transmis de la chauve-souris à l’homme par des aliments contaminés, que la transmission entre humains reste exceptionnelle et nécessite des conditions particulières, et qu’aucun élément scientifique ne permet, à ce stade, de parler d’une menace de pandémie mondiale.

M.B.Z

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Commentaire

  1. Gg

    27 janvier 2026 | 12h16

    Encore une pauvre bête qu’il faudrait éradiquer !
    On oublie juste de souligner que le virus vient encore une fois de régions où les humains grouillent, et vivent les uns sur les autres dans des conditions d’hygiène déplorables.
    Mais c’est décidé, la chauve souris est coupable !
    Il en est ainsi pour les rats, qui pourtant vivent des déchets des humains.
    La rage ? Les coupables sont les chats et les chiens.
    La grippe aviaire? Les vaches, comme par hasard essentiellement dans les grands élevages industriels. Celles qui broutent dans les prés ne craignent pas grand chose.
    La covid? Les singes ou les cochons on ne sait pas vraiment.
    Les insectes? Il en reste si peu que les agriculteurs voient leurs productions tomber faute de pollenisation suffisante.
    Un jour viendra où il n’y aura plus que des humains sur Terre. Et même là, il y aura de nouveaux virus et des hécatombes.
    Dieu merci, je ne connaîtrai pas ce monde. Aujourd’hui je me borne à constater que nous ne savons plus vivre avec la nature, mais contre elle…