Une information affirmant que « la Tunisie aurait accordé vingt puits de pétrole à des entreprises italiennes dans le cadre de l’accord le moins cher au monde » circule sur les réseaux sociaux en langue arabe, suscitant indignation et inquiétude. Cette rumeur laisse entendre une cession massive et bradée des ressources nationales tunisiennes au profit d’intérêts étrangers. Nous avons vérifié.

Après analyse, aucune source officielle tunisienne ou italienne ne confirme l’existence d’un tel accord. Ni le ministère tunisien de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, ni l’Entreprise tunisienne des activités pétrolières (ETAP), ni les communiqués des autorités italiennes ne font état d’un contrat portant sur « vingt puits de pétrole » accordés à des sociétés italiennes.
En Tunisie, l’exploitation des hydrocarbures est strictement encadrée par le Code des hydrocarbures. Les permis de recherche et les concessions d’exploitation sont délivrés selon des procédures légales précises, généralement à l’issue d’appels d’offres, et doivent être approuvés par les autorités compétentes. Les sociétés étrangères, italiennes ou autres, n’obtiennent pas des « puits » clés en main : elles peuvent participer à des permis ou à des concessions dans le cadre de partenariats, le plus souvent avec l’ETAP, l’État tunisien restant propriétaire des ressources.
Par ailleurs, l’expression même de « vingt puits de pétrole » est trompeuse. Dans le vocabulaire technique du secteur, on parle de champs pétroliers, de permis ou de concessions, et non de puits attribués comme des lots autonomes. Un puits est un ouvrage de forage, et non une entité juridique pouvant faire l’objet d’un contrat international indépendant.
L’affirmation selon laquelle il s’agirait de « l’accord le moins cher au monde » est tout aussi infondée. Les conditions financières des contrats pétroliers varient fortement selon la géologie, les coûts d’exploration, les risques, les prix du pétrole et les cadres fiscaux nationaux. Il n’existe aucun classement international officiel des « accords pétroliers les moins chers », et aucune donnée chiffrée crédible n’est avancée dans les publications relayant cette rumeur.
Après recoupement, cette information ne repose sur aucun document officiel, aucune source fiable et aucune donnée vérifiable. Elle déforme le fonctionnement réel du secteur des hydrocarbures en Tunisie et alimente une perception erronée d’un prétendu bradage des ressources nationales.
Verdict : ❌ Faux.
La Tunisie n’a pas accordé vingt puits de pétrole à des entreprises italiennes dans un quelconque accord « le moins cher au monde ». Cette affirmation est sans fondement factuel.
R.A.













Commentaire
aissaoui nasser
l’article est à peu pres bien écrit mais voici quelques précisions. Inutile de dire que ce qui été colporté par les réseaux sociaux est faux et stupide.
En fait en Tunisie, l’octroi des permis d’exploration et des concessions d’exploitation est régi par le Code des hydrocarbures ou le Code minier, selon le secteur concerné. Les titres sont attribués par décret, après instruction du dossier par le ministère chargé de l’Énergie et avis des commissions techniques compétentes.
L’État tunisien, représenté notamment par l’Entreprise Tunisienne des Activités Pétrolières (ETAP), dispose d’un droit de participation dans les permis et concessions, généralement jusqu’à 51 %, la société étrangère conservant le solde du capital. La participation de l’Etap peut être portée gratuitement durant la phase d’exploration, les coûts étant avancés par l’opérateur étranger et récupérés en cas de découverte commerciale.
Les droits et obligations des parties, la répartition de la production, le régime fiscal et la durée du titre sont fixés par la convention et les textes d’application en vigueur.
En cas de découverte, l’Etap ou l’Etat peut participer à l’exploitation du gisement dans une proportion allant jusqu’à 51%. Ajoutez à cela divers taxes que l’Etat engrange, eh bien la Tunisie peut recevoir jusqu’à 75% de ce que peut engendrer le gisement comme benéfice.
Donc, ce qu’on entend ça et là comme » winou el petrole » est une mascarade et une humiliation pour nos petroliers et nos managers et haut cadres tunisiens.