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Blocages et tensions : le Conseil régional de Médenine suspend ses travaux

Par Nadya Jennene

Le Conseil régional de Médenine a annoncé, mardi 27 janvier 2026, la suspension provisoire de ses activités, invoquant un contexte marqué par des entraves répétées à son fonctionnement et à son indépendance dans le suivi des affaires de la région. 

Cette décision a été approuvée la veille par six membres des huit présents, dans le cadre d’un effort pour défendre l’autonomie de l’institution régionale et protéger sa légitimité. 

Affirmant son attachement au respect de la loi et au recours aux cadres légaux pour traiter la situation, le président du Conseil régional, Mohamed Neji, a assuré la conformité de cette décision à la législation en vigueur. 

Le Conseil souhaite rester fidèle aux attentes de ses électeurs, se rapprocher des préoccupations de ses concitoyens et exercer pleinement sa mission de service public, sans ambitions personnelles ni influences extérieures, selon ses dires. 

Cette suspension est temporaire et restera en vigueur jusqu’à ce que des échanges constructifs soient établis avec les autorités centrales, que les démarches nécessaires soient entreprises et que les dysfonctionnements signalés soient corrigés, a-t-il affirmé. 

Plus tôt en janvier, le Conseil local de Tabarka a évoqué, lui aussi, une rupture de coordination avec certains responsables administratifs, dénonçant un manque de reconnaissance de son statut d’organe élu et les conséquences négatives de cette inertie sur le développement local, l’environnement et l’activité touristique. 

Face à ce qu’il a qualifié de déni persistant de sa légitimité, le conseil local de Tabarka avait alors décidé, à l’unanimité, de boycotter plusieurs responsables administratifs, dont le délégué de Tabarka, les chargés des municipalités et les services de l’assainissement ou du tourisme, tout en exigeant leur remplacement par des cadres capables de collaborer avec les conseils locaux dans l’intérêt général. 

Le système des conseils locaux, régionaux et des districts en Tunisie a été réorganisé par une loi organique qui institue officiellement ces entités comme collectivités locales dotées de personnalité juridique, d’autonomie administrative et financière. Leur rôle consiste à gérer les affaires publiques aux niveaux local et régional, avec un certain pouvoir de délibération sur les projets de développement. 

Cette réforme institutionnelle s’inscrit dans un projet de gouvernance impulsé par le président de la République, Kais Saïed, qui a souvent insisté sur l’importance des conseils locaux et régionaux pour réduire les inégalités territoriales et rapprocher l’administration des citoyens.  

Le flou sur leurs attributions, l’application des textes et l’articulation avec l’administration centrale reste, toutefois, source de critiques et de tensions politiques.

N.J

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