Les autorités poursuivent le renforcement des mesures de prévention à Sidi Bou Saïd. Après les restrictions de circulation et les évacuations préventives décidées face au risque d’éboulements, la municipalité vient d’interdire l’utilisation des amplificateurs de son dans la partie haute de la colline.
Dans une décision publiée mardi 27 janvier 2026, le secrétaire général chargé de la gestion de la municipalité de Sidi Bou Saïd a annoncé l’interdiction totale d’utiliser des haut-parleurs et dispositifs de sonorisation, de tous types et toutes tailles, dans la zone supérieure du village. Le texte prévoit également la saisie du matériel en cas d’infraction, en plus des sanctions réglementaires.
Une zone à risque fragilisée par les intempéries
Cette mesure s’inscrit dans un contexte de vigilance maximale. Fragilisée par les fortes précipitations enregistrées ces derniers jours et sous la menace de nouvelles perturbations météorologiques, la colline est désormais considérée comme une zone à risque. Réunie le 23 janvier sous la présidence du gouverneur de Tunis, la commission régionale de prévention des catastrophes a tiré la sonnette d’alarme face à la vulnérabilité du site et au danger de glissements de terrain et d’effondrements.
Parmi les décisions déjà arrêtées figurent l’interdiction, depuis le 25 janvier, de l’accès des autobus et des camions lourds au parking de Sidi Azizi afin de réduire les contraintes mécaniques sur le sol, ainsi que l’appel lancé à la municipalité pour émettre des arrêtés d’évacuation concernant les habitations menaçant ruine. Les riverains ont été invités à signaler immédiatement toute fissure ou affaissement.
L’interdiction des amplificateurs de son vise également à limiter les vibrations et les nuisances susceptibles d’aggraver l’instabilité du terrain, dans une zone où la fréquentation touristique et les activités commerciales sont habituellement intenses.
Surveillance renforcée et suivi technique
La commission spécialisée du ministère de l’Agriculture, chargée du suivi technique de la colline, a été mobilisée pour évaluer l’évolution de la situation et proposer des solutions urgentes. Alors que de nouvelles pluies sont annoncées, Sidi Bou Saïd demeure sous étroite surveillance et fait désormais l’objet d’un dispositif de prévention renforcé, traduisant l’inquiétude croissante des autorités face à la fragilité de ce site emblématique.
M.B.Z













4 commentaires
Hathatjeba Hatem
Pourtant les amplificateurs n’existaient pas au VII siècle.
zaghouan2040
le dossier de Sidi Bou Said, comme tant d’autres dossiers comme celui des déchets dangereux enterrés un peu partout sur le territoire, la lutte contre l’habitat anarchique, la gestion des nappes aquifères de surface ou encore le drame de Gabes, illustre parfaitement l’incapacité de l’Etat Tunisien a gouverner. Et ce depuis années au moins 40 années.
Gouverner, c’est prévoir
Or, pour revenir à Sidi Bou Said, on commence a réfléchir à agir alors qu’il est largement trop tard pour l’ensemble du versant est, du palais présidentiel à l’extrémité du promontoire. Incluant toutes les constructions situées directement sur ce versant est – Nejm Ezzahra, Dar Zarrouk, café Chabaan, Villa Turki etc – qui ne pourront pas etre préservées. Je prend date, parce que des études, notamment sur la base d’analyses hydrogéologiques ont non seulement décrit les risques élevés d’instabilité de ce versant est, mais indiqué très clairement les mesures conservatoires à prendre en urgence absolue – des 1978- , et à partir de quel moment IL SERA TROP TARD.Ces études datent de plus de 100 ans.
Je redis et j’assume que le patrimoine exceptionnel de Sidi Bou Said implique une capacité de gouvernance publique qui dépasse les compétences de l’Etat Tunisien, et ce depuis au moins 40 années.
Détailler est impossible dans un commentaire; sachez simplement que des glissements sont constatés et scientifiquement documentés sur le plateau collinaire de Sidi Bou depuis au moins 1927, et que les caractéristiques hydrogéologiques ainsi que les vitesses et les directions de déplacement de ces glissements. Ceci a permis d’apprécier, au terme de plusieurs années de collecte des données, les dynamiques générales d’évolution de l’instabilité des sédiments argileux du versant est, notamment. ( Etudes d’Ennaifer, Saidi, Melloulli, BeN Yagoub et tant d’autres, y compris les géologues francais du siecle dernier) . Tous ces travaux volontairement occultés par les autorités tunisiennes ont permis de déterminer avec précision où et quand les mouvements s’accélèrent, pour évidement renforcer la vigilance en cas d’évolutions significatives.
Malgré l’ensembles des données disponibles, RIEN n’a été fait depuis 70 ans.
Et maintenant, c’est trop tard bande de clowns.
Judili58
Selon les lois de la physique les vibrations au pied de la colline fragilisent autant que celles sur la colline. Il faut tracer un périmètre de sécurité autour de la colline à l’intérieur duquel il faut limiter la circulation autour, interdire la circulation des bus et des camions et interdire l’usage des amplificateurs de son .
philobog1
Est ce que les amplificateurs (puissants) des mosquées environnantes sont concernés ?