Le président de la République, Kaïs Saïed, a abordé plusieurs dossiers majeurs lors de la réunion tenue mercredi 28 janvier 2026 au palais de Carthage avec le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, selon un communiqué de la présidence publié jeudi à 6h27 du matin. Parmi les sujets évoqués figure en priorité la distribution de l’ammonitrate dans certaines régions du pays, notamment Bizerte, Jendouba et Siliana, malgré une légère amélioration constatée dans d’autres gouvernorats.
Le chef de l’État a souligné que certaines pratiques observées atteignent le niveau de véritables crimes, dénonçant la privation des petits agriculteurs de cet engrais stratégique en raison de manœuvres de rétention, d’accaparement et de manipulation des quotas de distribution. Il a comparé ces pratiques à celles qui avaient accompagné la création de l’Office des fourrages, lorsque certains acteurs s’étaient mis à monopoliser tous les types de fourrages à des prix inférieurs à ceux proposés par l’Office, dans le but manifeste de le fragiliser financièrement et de porter atteinte aux deniers publics.
Le président de la République est également revenu sur la campagne de récolte des olives, estimant que les capacités de stockage de l’Office national de l’huile demeurent insuffisantes. Il a insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts afin que cet établissement puisse pleinement jouer son rôle. À cet effet, il a donné ses instructions pour poursuivre la distribution d’huile d’olive, ainsi qu’une partie de la récolte de dattes, sur le marché intérieur et à travers les amicales, afin que le citoyen et, en particulier, l’agriculteur puissent en bénéficier, tout en continuant à prospecter de nouveaux marchés à l’exportation.
La rencontre a également permis d’aborder la politique de gestion de l’eau en Tunisie, menée depuis plusieurs décennies. Le président Saïed a appelé à la mise en place de programmes réguliers d’entretien, de curage et de dragage des barrages et des oueds, rappelant que de nombreux barrages ont été négligés au point que certains ont quasiment disparu, à l’instar du barrage d’El Akhmas à Siliana, dont la capacité de stockage oscillait entre cinq et sept millions de mètres cubes. Il a également évoqué l’état de nombreux oueds qui n’ont pas été entretenus depuis des décennies, ainsi que des lacs collinaires, progressivement comblés par les sédiments depuis les années 1970.
S.F










