Le président du Syndicat régional des agriculteurs de Mahdia, Mohamed Ali Halouas, a tiré la sonnette d’alarme jeudi 29 janvier 2026, dénonçant la prolifération de la vente illégale de poussins via les réseaux sociaux, phénomène qui prend de l’ampleur malgré ses conséquences potentiellement dramatiques.
Lors de son intervention dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, M. Halouas a précisé que des contrebandiers avaient mis en place des pages Facebook dédiées à la commercialisation de poussins, échappant totalement à tout contrôle vétérinaire. Selon lui, ces pratiques constituent une menace directe pour la santé publique, exposant les élevages à des risques accrus de maladies aviaires transmissibles et d’épidémies, pouvant entraîner des pertes massives dans le cheptel et compromettre la sécurité alimentaire au niveau régional et national.
Outre les implications sanitaires, cette contrebande engendre également de graves déséquilibres économiques. La vente de poussins à des prix inférieurs au coût réel de production crée une distorsion du marché, entraînant une pression à la baisse sur les revenus des éleveurs légitimes. Une telle situation risque de décourager la production locale, affectant la stabilité et la durabilité de la filière avicole, qui constitue pourtant un pilier important de l’économie agricole de la région de Mahdia.
Le syndicaliste a noté que des pertes économiques indirectes pourraient se traduire par une réduction des investissements dans les exploitations, un affaiblissement de la compétitivité des producteurs tunisiens et, à terme, une augmentation de la dépendance aux importations. Dans ce contexte, l’action concertée de tous les acteurs du secteur — autorités vétérinaires, producteurs, distributeurs et forces de contrôle — apparaît indispensable pour limiter la propagation de ce phénomène.
Mohamed Ali Halouas a également insisté sur la dimension préventive de la lutte contre la contrebande, rappelant que la circulation de poussins non contrôlés favorise l’émergence et la diffusion de pathologies, pouvant provoquer des crises sanitaires d’ampleur, affectant non seulement la filière avicole mais aussi l’ensemble de la chaîne agroalimentaire. Selon lui, la mise en place de mesures de traçabilité, de certification sanitaire et d’encadrement strict des ventes en ligne constitue la condition sine qua non pour assurer la viabilité économique et la sécurité sanitaire du secteur.
N.J










