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« Effondrement imminent » : l’ONU fait face à une crise financière historique

Crédit photo : Charly Triballeau / AFP

Par Raouf Ben Hédi

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, a tiré la sonnette d’alarme, vendredi 30 janvier 2026,  sur la situation budgétaire de l’institution, évoquant le risque d’un véritable choc financier si les États membres ne s’acquittent pas de leurs contributions. Dans une lettre adressée aux pays membres, il alerte sur une situation devenue « intenable » et appelle au respect strict des engagements financiers.

Selon lui, plusieurs États ont officiellement annoncé qu’ils ne verseraient pas tout ou partie de leurs contributions obligatoires au budget régulier pourtant validé collectivement. Ces manques à gagner fragilisent le fonctionnement quotidien de l’organisation, contrainte de geler des recrutements, de différer certains paiements et, parfois, de réduire la portée de ses missions.

Pour António Guterres, deux options se dessinent : soit les États acceptent une refonte en profondeur des règles financières de l’ONU, soit ils prennent le risque d’un affaiblissement durable, voire d’un effondrement financier de l’organisation.

Le facteur américain, entre désengagement et rapport de force

La mise en garde du chef de l’ONU intervient dans un contexte de relations tendues avec les États-Unis, dont la posture vis-à-vis du multilatéralisme s’est durcie ces dernières années. Washington a réduit ses financements à certaines agences onusiennes et retardé ou contesté plusieurs paiements obligatoires, pesant lourdement sur les finances de l’institution.

Les États-Unis ont par ailleurs déjà quitté ou suspendu leur participation à plusieurs organes et programmes des Nations unies. Leur retrait récent de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) suscite de fortes inquiétudes chez les spécialistes de santé publique, qui redoutent un impact sur la coordination internationale.

Cette politique de désengagement sélectif s’inscrit dans une vision plus transactionnelle des relations internationales, où les contributions financières sont perçues comme un levier d’influence plutôt que comme un pilier de la gouvernance mondiale.

Un ordre multilatéral fragilisé

Au-delà de la seule question budgétaire, l’avertissement d’António Guterres met en lumière la fragilité du système multilatéral lui-même. L’ONU, créée pour structurer la coopération internationale et prévenir les conflits, dépend presque entièrement de la volonté politique et financière de ses membres.

Dans ce contexte, les initiatives parallèles portées par certains dirigeants, comme le « Conseil de la paix » lancé par Donald Trump, apparaissent aussi comme des tentatives de contourner ou de concurrencer les cadres multilatéraux classiques.

Reste une question de fond : un monde traversé par des crises géopolitiques, climatiques et sanitaires peut-il se permettre une ONU affaiblie ? Derrière les chiffres et les règles budgétaires, c’est la capacité de la communauté internationale à agir collectivement qui se joue.

R.B.H

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