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Drame de Teboursouk : Omar Wesleti fustige la violation des droits de l’enfant par certains médias

Par Raouf Ben Hédi

Le traitement médiatique du décès tragique d’un enfant à Teboursouk continue de susciter l’indignation. Samedi 31 janvier 2026, le magistrat Omar Wesleti, membre du Conseil de la presse, a publié un statut virulent dénonçant ce qu’il qualifie d’atteinte grave et continue aux droits de l’enfant, y compris après sa mort.

Pour rappel, le jeune garçon a perdu la vie après avoir été écrasé par un mur appartenant à un établissement public alors qu’il se rendait à l’école. Mais au-delà du drame lui-même, c’est la manière dont certains médias ont couvert l’événement qui est aujourd’hui pointée du doigt. L’un d’eux s’est rendu au domicile de la famille endeuillée et a filmé le père de la victime, interrogé dans la même pièce où se trouvait encore le corps de l’enfant, avant son inhumation.

Dans sa publication, Omar Wesleti rejette toute tentative de banalisation. Il affirme qu’il ne s’agit ni d’une simple erreur professionnelle ni d’un dérapage isolé, mais bien d’une « violation grave des droits de l’enfant et de sa dignité humaine ». Selon lui, l’enfant n’a été protégé « ni de son vivant, ni après sa mort », réduit à une image, un contenu, un “scoop” livré à la consommation publique sans considération morale.

Le magistrat dénonce ce qu’il qualifie de violence symbolique, exercée à la fois contre un enfant incapable de se défendre, contre sa famille replongée dans la douleur sous l’œil des caméras, mais aussi contre les autres enfants exposés à ces images choquantes. Une pratique qui, insiste-t-il, ne relève en rien du droit à l’information et contribue au contraire à banaliser l’atteinte à l’enfance et l’exploitation de la souffrance.

Omar Wesleti rappelle que la loi ne se limite pas à protéger les enfants contre les violences physiques, mais qu’elle interdit également leur exploitation médiatique, la diffusion de contenus portant atteinte à leur dignité ou à leur équilibre psychologique, ainsi qu’à celui des autres enfants. À ce titre, il interpelle directement le délégué à la protection de l’enfance, estimant que le silence face à de tels faits constitue un manquement, et non une posture de neutralité.

Pour le magistrat, maintenir la diffusion de ce contenu ne relève pas du témoignage ou de la documentation, mais prolonge l’atteinte et transforme la tragédie en choc collectif durable. Il appelle donc à une intervention immédiate : suppression des images, mise en cause des médias et pages responsables de leur diffusion, et rappel clair d’un principe fondamental : l’enfant ne peut être exploité, ni filmé dans la mort, ni privé de sa dignité, quelles que soient les justifications avancées.

« L’enfant doit être protégé, vivant comme mort », conclut-il, estimant que l’échec de cette protection constitue un échec plus large : celui de la responsabilité humaine et professionnelle.

R.B.H

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