Une pétition appelant à la fermeture du zoo du Belvédère à Tunis a été largement relayée ces derniers jours, après la mort de l’éléphante Baby, un décès qui a profondément ému l’opinion publique et ravivé les critiques sur l’état et la gestion de l’établissement.
L’initiative qui a collecté plus de cinq mille signatures est adressée aux autorités tunisiennes, à la municipalité de Tunis et au ministère de l’Environnement.
Dans leur texte, les auteurs de la pétition estiment que la mort de l’éléphante ne constitue pas un incident isolé, mais le symptôme d’un système jugé défaillant, marqué, selon eux, par des décennies de négligence et de manque de vision. Ils dénoncent un établissement qui, depuis plus de trente ans, souffrirait d’un déficit chronique d’investissements et fonctionnerait sans se conformer aux standards internationaux actuels en matière de protection animale.
Les signataires pointent notamment l’inadaptation des enclos, l’implantation du zoo en plein milieu urbain, ainsi que les conditions d’hygiène et de détention régulièrement critiquées par les visiteurs. À leurs yeux, le zoo du Belvédère serait resté figé dans un modèle dépassé, en décalage avec l’évolution des pratiques mondiales en matière de conservation et de respect des animaux sauvages.
La pétition insiste également sur les besoins spécifiques des espèces hébergées, rappelant que les éléphants, les fauves ou encore les primates nécessitent de vastes espaces, des stimulations naturelles, des soins spécialisés et des interactions sociales adaptées. Leur maintien dans un zoo urbain vétuste est ainsi décrit comme une source de stress et de souffrance physique et psychologique.
Au-delà du sort des animaux, les initiateurs du texte estiment que l’image de la Tunisie est en jeu, appelant à rompre avec des représentations associées à des cages délabrées et à des institutions à l’abandon. Ils considèrent que la fermeture du zoo ne constituerait pas un aveu d’échec, mais plutôt un choix responsable et moderne.
La pétition formule plusieurs revendications, parmi lesquelles la fermeture progressive et définitive du zoo du Belvédère, le transfert des animaux encore en vie vers des sanctuaires ou des structures spécialisées en Tunisie ou à l’étranger, ainsi que l’ouverture d’une enquête transparente sur la gestion de l’établissement. Les signataires plaident enfin pour l’élaboration d’une véritable politique nationale de bien-être animal et pour la transformation du parc du Belvédère en un espace vert à vocation éducative et culturelle, sans animaux captifs.
Arrivée au zoo du Belvédère en 2023 après plus de vingt ans sans éléphants, Baby était devenue l’une des principales attractions du parc, un contexte qui explique l’ampleur de l’émotion suscitée par sa mort.
Une autopsie a été ordonnée la semaine dernière afin d’en déterminer les causes exactes. Le corps de l’animal a été transféré à l’École nationale de médecine vétérinaire, alors que les interrogations et les accusations de négligence se multiplient.
Mohamed Attia, intermédiaire ayant facilité le transfert de l’éléphante vers la Tunisie, a affirmé que Baby, âgée d’environ 40 ans, ne présentait aucun problème de santé majeur et se portait encore bien un mois avant son décès. Il a évoqué un possible défaut de suivi vétérinaire, précisant que les deux vétérinaires spécialisés qui assuraient sa prise en charge ne travaillaient plus au zoo.
Selon des informations qui lui auraient été rapportées, l’éléphante se serait effondrée dans son enclos, avant que son corps ne soit transféré pour autopsie. Mohamed Attia s’est également dit choqué par les conditions de transport de la dépouille, qu’il juge indignes, et a indiqué avoir appris la nouvelle par les réseaux sociaux, sans notification officielle.
De son côté, la direction du parc zoologique a assuré que le décès était dû à des causes naturelles. Ahmed Sethom, ingénieur en chef du zoo, a déclaré que l’éléphante, âgée d’environ 42 ans, souffrait d’une malformation ancienne affectant une patte arrière, faisant l’objet d’un suivi. Il a également rappelé que l’espérance de vie des éléphants en captivité était généralement inférieure à celle observée dans la nature, en raison des conditions de détention.
À ce stade, les résultats de l’autopsie de l’éléphante Baby sont attendus pour éclairer les circonstances exactes de sa mort. En attendant, la mobilisation citoyenne autour du zoo du Belvédère, comme celle observée à Gafsa, témoigne d’un débat désormais installé sur la place des zoos et le bien-être animal en Tunisie, un débat que les autorités ne semblent plus pouvoir éluder.
Fin décembre 2025, une pétition dénonçant la situation des animaux du zoo de Gafsa, accompagnée de photos jugées choquantes, a été massivement relayée sur les réseaux sociaux, recueillant plus de 17.000 signatures en quelques jours.
Face à la polémique, le président de l’amicale des agents du gouvernorat de Gafsa, Mongi Sneni, avait assuré que les animaux concernés faisaient l’objet d’un suivi vétérinaire. Il avait notamment indiqué qu’un singe dont les images avaient suscité l’indignation était aveugle et dans un état irréversible, tandis que le lion du zoo, âgé d’environ 20 ans, était décrit comme trop agressif pour être déplacé. Des explications qui n’avaient toutefois pas suffi à apaiser les critiques, notamment concernant l’état de salubrité des enclos.
N.J













Commentaire
Mhammed Ben Hassine
[en décalage avec l’évolution des pratiques mondiales en matière de conservation et de respect des animaux sauvages]
Pour cela il fait inéluctablement des ressources dont ma tunisie connaît une carence